Poliblog indépendant

Ici, on commente l'actualité politique, vue du côté de ceux qui, le plus souvent, la subissent. On a beau essayer de rester objectif, face à tant de niaiseries, c'est dur !

21 mai 2007

Négatif, moi ? Jamais !

sourire

En réponse aux commentaires du sujet "Qui m'aime me suive !" : merci à toutes et à tous, même à ceux qui trouvent que je suis un sale type. C'est mieux que d'être un type sale après tout ! Enfin bon, je sais pas, je ne suis pas sûr, hi-hi !

Qui m'aime me suive !
http://poliblog.canalblog.com/archives/2007/05/20/5011948.html

C'est vrai, je suis un déçu de la politique et oui, je vais peut-être un peu vite en mettant tout le monde dans le même sac, mais dans deux mois ça fera quatre ans que je serai au chômage.

Bien sûr, ça ne fait pas de moi quelqu'un qui serait en position de donner des leçons de morale à tout le monde, mais quand même... Il y a des choses que je n'ai jamais acceptées, aujourd'hui moins que jamais : dans ce pays, depuis plus de dix ans (car j'ai commencé ma vie professionnelle en 1993 par un an de chômage), on traite les chômeurs comme de la merde, Nicolas Sarkozy le premier, parce qu'il est précisément le premier à mettre tout le monde dans le même sac en sous-entendant que les demandeurs d'emploi seraient des parasites vivant aux crochets de la collectivité.

Je ne peux pas tolérer une telle idée, je ne peux même pas tolérer qu'on ose la formuler (au passage, aucun politique n'est jamais venu ici pour défendre sa corporation...). Dîtes que ça m'énerve ou dîtes que ça me rend dingue, toujours est-il que ça me donne envie d'attraper Nicolas Sarkozy et d'écraser sa truffe contre un mur.

QUATRE ANS, BORDEL DE MERDE !!! Il sait ce que c'est, lui, quatre ans à chercher un boulot dans un pays qui ne crée pas d'emplois ? Mais pour qui se prend-il ? Et est-ce qu'il s'imagine sérieusement qu'une détaxation des heures supplémentaires et qu'un contrat unique à deux balles vont relancer la machine ?

Quatre ans... Quatre ans sans vie, sans projets, sans réponses des mêmes employeurs qui pérorent tous les jours dans les petites annonces sur Internet ou dans le Figaro, sur BFM TV, à la radio... partout ! Ils disent "qu'ils n'arrivent pas à recruter", mais dans le même temps ils traitent les demandeurs d'emploi comme s'ils n'existaient pas, certains d'entre eux allant jusqu'à donner pour consigne à tout le monde de jeter directement à la poubelle les cv envoyés par des demandeurs d'emploi !

Quatre ans... Ouais, quatre ans de vie foutue alors qu'avant déjà, il n'y avait pas grand-chose à laminer.

Aujourd'hui, je pourrais presque dire que "mon métier c'est chômeur". Je ne vais pas m'amuser à faire ici le compte du nombre de mois où j'ai travaillé depuis ma sortie de l'école en 1992 mais croyez-moi, c'est terrifiant... Pour les autres, car pour moi c'est du vécu. Toujours les mêmes choses, toujours les mêmes annonces qui ne tiennent pas debout, toujours les mêmes comportements et toujours les mêmes connards qui vous reçoivent avec les pieds sur le bureau pour certains, ou qui vous disent que vous avez pulvérisé tous les scores aux tests de sélection et qui vous assurent qu'ils vont vous rappeler "sans faute" le lendemain...

Il y a de quoi devenir fou. Comme quand je pense à ce mec qui travaille dans une boîte, à deux cents mètres de chez moi, qui n'a jamais voulu me recevoir pour un poste sous-qualifié parce qu'il me trouvait trop vieux au vu de mon cv (un de mes premiers sans photo en plus) ! Les gars du cabinet de recrutement n'en sont pas encore revenus. Ils m'avaient trouvé "plus que parfait", ils n'ont pas compris, quant à moi je suis resté à la maison. Comme d'hab'...

Il y a de quoi devenir fou, aussi, quand je pense qu'à un kilomètre d'ici, il n'y a pas moins de trois agences d'intérim dans la même rue de cent cinquante mètres de long ! Je suis inscrit dans les trois depuis des années, à certaines époques j'y allais régulièrement en costard, cravate, pas un poil au menton et déo sous les bras, bref, TOUT... Ben non ! Trop qualifié !!! Mais vous vous rendez compte Monsieur Truc, pardon je voulais dire Monsieur Tmuc, on ne peut quand même pas vous faire travailler comme "ceci" ou comme "celà" ! Avec le niveau que vous avez !!! Mais moi je voulais, nom d'une pipe en bois ! Je leur disais à ces c... ! "Bon ben alors je vais voir avec mon client, hein, et pis je vous rappelle". Ouais c'est ça, t'as raison, t'as qu'à "voir" alors ! Moi je vais aller dans l'agence d'à-côté, en attendant que tu décroches ton téléphone le mois prochain ou en 2043, espèce de c...

On devient fou, agressif, vulgaire, mais tant que ça reste à l'intérieur ça va... Sauf que pendant que l'on prend sur soi, à force de prendre sur soi, on ne se rend pas compte que l'on est en train de disparaître, puis un matin on se réveille à onze heures et on se dit "ah ben merde, qu'est-ce qu'il m'arrive ? Où donc ai-je bien pu passer, môa ?".

T'es plus là. Celui que tu as été n'est plus. Tu laisses tomber le costard pour les joggings, tu commences à ne plus te raser parce que tu ne sais pas à quoi ça sert, et puis de toutes façons, quand tu as fait le tour de toutes les boîtes d'intérim d'Arcueil à Boulogne, tu n'as plus nulle part où aller. Paris ? C'est fait. Les agences Cadres ? C'est fait. L'APEC ? Ils m'ont envoyé chier, parce que j'ai formé des Cadres mais je n'ai jamais bossé avec le statut Cadre ! Les moteurs de recherche sur Internet alors ? Bon, tu me gonfles maintenant, je suis inscrit sur 43 sites, je reçois tous les matins une sélection d'offres "correspondant à mon profil" et je postule et... rien, que dalle, tu comprends pas ?... Moi non plus.

Alors un jour, tu te mets à écrire un blog pour te persuader que tu existes encore. Voilà toute l'histoire.

C'est peut-être pour ça que certain(e)s ici me trouvent aigri, con ou borné sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce qu'ils sentent, intuitivement, que je ne suis "pas à l'aise dans mes baskets". C'est possible, en fait j'évite de me poser la question. Des baskets, je n'ai plus les moyens de m'en offrir de toutes façons, alors qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Ils n'ont qu'à penser ce qu'ils veulent.

J'en ai ras-le-bol de tout ça. Ras-le-bol de cette déchéance perpétuelle, ras-le-bol de la maladresse des autres, qui ne peuvent pas s'empêcher de vous rappeler que pendant qu'il ne se passe rien pour vous, tout leur arrive à eux... Ce n'est pas de l'envie, ce n'est pas de la haine ou de la rage, on se met juste à trouver tout le monde méprisant, con et maladroit, alors on "évite", on devient même un spécialiste de l'évitement. Qu'est-ce qu'on évite ? Tout ! Les loisirs qui coûtent, les sorties qui n'arrivent plus à vous dérider, les soirées chez les amis du conjoint parce que vous-même vous n'en avez plus... Vous avez fait en sorte qu'ils vous perdent de vue ou qu'ils vous prennent pour un gros con, c'est plus supportable que d'affronter l'idée qu'ils pourraient vous voir comme un branleur, un chômeur lambda. Dur-dur, de ne même plus arriver à se regarder en face : "salut copain, moi je suis chômeur depuis quatre ans, et toi tu fais quoi ?". On a trouvé mieux comme entrée en matière pour se faire des potes. La politique à-côté, c'est de la blague ! Mettre fin au chômage de masse ? De la roupie de sansonnet !!! Mettre fin à "son" propre chômage ? Mission impossible, surtout dans la France de 2007.

Au bout d'un moment, on se dit que rien ne sert à rien, qu'on n'a plus les épaules, que si l'on arrive à ne pas se flinguer c'est déjà le bout du monde... Dans les moments plus calmes, on a le sentiment d'être victime d'une injustice, d'une sorte de malédiction, presque d'un complot, comme si on était dans Le Truman Show et que Truman c'était vous.

...

Je pourrais vous parler de tout ça pendant des semaines mais je ne vais le faire que ce soir, à moins que certains d'entre vous ne veuillent lire des histoires complètement délirantes sur le monde du travail que malgré tout, je connais très bien.

Je pourrais vous parler de ce Directeur commercial d'un grand groupe de distribution spécialisée, qui quand il a un BAC+4 en face de lui, lui propose de graisser des chaînes de vélos dans l'atelier de l'un de ses magasins... Ou de ce Directeur commercial d'un autre très grand groupe de distribution de gros, qui sait à peine lacer ses pompes et qui sue à grosses gouttes dès qu'il doit prendre la moindre décision, comme choisir entre les toilettes de droite dont la porte est entr'ouverte ou celles de gauche dont la porte est fermée (j'exagère à peine).

Tenez, je pourrais même vous parler de toutes ces boîtes dans lesquelles, quand vous arrivez dans un service où personne ne fout rien, vous pouvez péter tous les scores en vous contentant de bosser normalement... Mais ensuite, forcément, c'est la porte. Jamais la promotion. Ben oui, parce que dans la vraie vie, on n'est pas dans les bandes dessinées de Nicolas Sarkozy : le travail, le mérite, le respect, il y a belle lurette que tout le monde se les carre dans le fion ou, de préférence, les carre dans le fion d'un autre ! CES, CPE, CNE, intérim... Y'a qu'à se baisser ! Et avec le contrat unique du génial Sarko, y'aura bientôt même plus besoin de se pencher en avant pour ramasser du bétail à deux pattes !

Vous voulez que je vous résume quatre ans de ma vie de chômeur, vite fait ? Allez hop, c'est parti !

Ben pendant les quatre années écoulées, j'ai vu défiler des gens, moins que ceux que j'ai pu côtoyer pendant mes précédentes périodes de chômage, mais pour une seule raison : quand on est au chômage depuis "trop" longtemps, on ne sort plus de chez soi. Jamais (ou presque). Passé un certain niveau d'épuisement, de lassitude, voire de renoncement ou de déprime, et face à une situation que beaucoup finissent par vivre comme une fatalité, les chômeurs ne se rencontrent même plus entre eux ! Je suppose que tous ceux qui veulent bosser "mais qui ne peuvent pas" voient un peu les choses de la même manière : on regarde tout en se disant un peu que tout ce qu'il y a de bien ou de bon, c'est pour les autres, et plus le temps passe, plus on finit par s'en persuader.

La première étape, c'est quand on compte ses pièces dans son porte-monnaie et que l'on se rend compte que l'on n'a plus les moyens de s'offrir un ticket de métro, par exemple. Pour d'autres, c'est quand ils n'ont pas les moyens de payer l'assurance de la bagnole, ou quand ils se disent qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter une poignée de cerises quand ils voient que pour le même prix, ils peuvent acheter quatre brouettes de patates... Il faut avoir manqué de pognon pour savoir ce que ça signifie vraiment, et pour ceux qui ont des gosses, je n'ose même pas y penser. Si j'avais des gosses, je pense que je serais capable de tuer quelqu'un pour leur offrir le minimum auquel tout enfant a droit, mais c'est interdit, d'ailleurs l'Etat ne le fait jamais.

J'étais pas comme ça avant...

Six mois sans un seul entretien de recrutement, ça vous flingue n'importe qui, et quand on n'est pas indemnisé ça commence par le porte-monnaie. La fin de la vie sociale, puis l'isolement, assez vite la pauvreté, puis la honte qui va avec, quand la vie quotidienne vous amène par exemple à croiser des gens "qui bossent" et qui vous connaissent et qui, au bout d'un moment, finissent tous par vous regarder comme un flemmard ou comme une larve : s'il ne trouve rien, c'est qu'il ne cherche pas ! Forcément, Pascal il est loin d'être con, il sait faire plein de trucs, il connaît plein de choses sur plein de sujets... On peut parler de tout avec lui : actualité, philosophie, la vie, les relations avec les autres, le marketing, la communication, la politique, le management, la diplomatie, les ordinateurs, le VTT, le journalisme même ! Il est trop fort ce gars-là, alors s'il ne trouve rien, vraiment c'est qu'il se branle les couilles !!!

T'as raison. T'as qu'à croire...

Ce n'est quand même pas moi qui me réponds "non" tout seul ou qui ne me réponds même pas, bordel de merde !!! C'est dingue ça, ces raisonnements à la con ! "Ma" vie est dingue !!! Même plus une plaisanterie...

Situation impossible à comprendre pour des gens qui mènent une vie "normale", insupportable pour moi qui, en plus, ai toujours "aimé" bosser ! Un comble !!! Quand je le dis, les gens me regardent comme un taré ! Comme si j'avais cherché à faire une bonne plaisanterie qui ne fait marrer personne (tout le monde pensant que je suis une larve ou que forcément, j'ai fini par le devenir). Pourtant ça aussi c'est vrai ! Le plus souvent, j'ai bossé beaucoup plus que les autres, et j'ai toujours obtenu de bien meilleurs résultats dans presque tous les métiers ! Vente-terrain, audit-conseil-études-la totale en marketing, management et même formation de soi-disant "professionnels" du management au... management (!), recouvrement de créances, formation de commerciaux-terrain, montage rapide d'équipes en centres d'appels avec création d'argumentaires et tout le bataclan, et pour le même prix je faisais en plus le boulot du responsable de site, le boulot du responsable de la production et le boulot du responsable de plateau (France Telecom, c'est trop génial) !... Mais malgré mon BAC+4 en Marketing opérationnel (et mon BTS Action co, qui est une bricole à-côté), je pourrais dire aujourd'hui que "dans ce pays", je n'ai pas pu travailler avec un statut Cadre depuis... 1993, à savoir depuis que j'ai commencé à chercher un "vrai" boulot en sortant du Service national !

Vous pouvez le croire, ça ? Et pourtant c'est vrai !

J'ajoute un deuxième diplôme de niveau Mastère en Marketing stratégique obtenu en 2003, pour lequel il a fallu que je bataille comme un damné, la formation étant financée en grande partie par un Conseil Régional, et quatre ans après j'ai travaillé... deux jours ! Un premier jour à faire l'inventaire du rayon "tasseaux de bois" d'un Castorama d'où je suis revenu avec les mains bousillées, parce qu'on n'avait pas jugé bon de "prêter" des gants au bétail intérimaire, et un second jour en tant qu'apprenti-chauffeur, à porter des sacs de linge sale de plus de cinquante kilos, disons plutôt... quatre-vingt kilos à vue de nez, détail qui évidemment n'avait pas été mentionné au départ. Les cons ! Six mois après, j'ai encore mal au bras quand je dois tourner le poignet pour me brosser les dents !

Mais ne soyez pas trop indiscrets, hein, ne me demandez pas combien de candidatures j'ai envoyées ces derniers temps... Pendant des années, j'ai géré les candidatures que j'envoyais, les courriers, les mails, tout, sur une base de données dans laquelle je répertoriais les réponses, les entretiens, etc. J'ai laissé tomber quand le taux de retours est tombé sous la barre des 10%, dans un pays où, paraît-il, tout le monde veut embaucher et ne trouve personne qui ait envie de bosser !

Je pourrais continuer comme çà toute la nuit. Je ne parle jamais de ça dans mon blog, car je pourrais chier des bouquins entiers relatant des histoires invraisemblables, intolérables sur le monde du travail, sur la recherche d'emploi, sur la "haine" du chômeur malgré lui qui a de plus en plus souvent l'impression que, paradoxalement, il est le seul à bosser ! Je pourrais "déverser mon fiel", comme disent certains, sur le mépris généralisé de tout et de tout le monde que l'on a laissé s'installer dans notre pays, les politiques étant les premiers à montrer l'exemple...

Par exemple justement, j'ai suivi il y a quelque temps une prestation organisée par l'ANPE dans laquelle j'étais le seul érémiste (je ne le suis même plus aujourd'hui), tous les autres participants étant indemnisés par l'ASSEDIC, et vous savez quoi ? On était quinze mais j'étais le seul à chercher du boulot ! Le seul à se bouger le cul, le seul à aller représenter l'ensemble du groupe dans un salon à Paris, alors que je n'avais même pas les moyens de mettre de l'essence dans ma bagnole ! Le seul aussi à négocier avec des DRH, dont certains prennent leur pied en traitant les chômeurs comme de la merde, sans parler des "bébés DRH", ces petits boutonneux que l'on a envie de claquer, qui sortent à peine de leur second cycle de Sciences humaines et qui vous disent presque : "écoutez, je vais vous expliquer la vie" !... J'en avais plein le c..., d'être toujours "le seul à", le seul, encore, à avoir ramené des offres concrêtes pour les autres, correspondant plus ou moins à leur profil et à leurs expériences : ils n'ont même pas téléphoné aux employeurs pour leur dire que "ça" ne correspondait pas exactement à ce qu'ils cherchaient (les indemnités, ça rend un peu oisif sur les bords) !

Je ne vous écris pas ce que je pense réellement de tout ça, sinon on va encore me faire remarquer que je suis impoli.

La prestation suivante, j'en ai déjà parlé succinctement : c'est moi-même qui ai rempli le formulaire de "bilan" de la prestation à la place de la conseillère qui, à mon humble avis, n'avait pas la compétence, et surtout pas l'envie minimum de bosser pour venir vraiment en aide à des demandeurs d'emploi, surtout à un demandeur d'emploi dit "de longue durée" comme moi, qui rencontre au quotidien des difficultés dont le commun des mortels n'a absolument aucune idée.

Si je cite ces deux exemples, c'est aussi pour rappeler que l'Etat paie une fortune les pseudo-instituts de formation qui organisent, "assurent" ce genre de plaisanteries. Pour avoir suivi plusieurs ateliers de ce genre depuis des années (première prestation en 1994), pour avoir été "à l'intérieur" de ce système dont il ne sort jamais rien ou presque, je peux dire que tout s'est tellement dégradé depuis plus de dix ans qu'aujourd'hui n'importe qui peut faire n'importe quoi avec la bénédiction de l'Etat et surtout avec son pognon, qui est pourtant "le nôtre" : il n'y a aucun contrôle de rien, ni de la part des guignols comme Borloo, ni de la part de l'ANPE, ni de la part des DDTE, ni de la part des Conseils régionaux qui financent, etc.

Les résultats (nombre de chômeurs ayant trouvé ou retrouvé un emploi au terme des prestations ou formations) sont systématiquement trafiqués dans des proportions qu'une fois encore, on ne peut même pas imaginer. A RoseNoire par exemple, je pourrais dire que c'est tout ça qui me démonte, tout ça "qui explique que"... Je n'ai pas le pouvoir de modifier quoique ce soit au système actuel mais les politiques l'ont. Seuls problèmes, ils ne mettent jamais les pieds sur le terrain, ne fréquentent que des "allumés" complets de leur espèce, écrivent des bouquins ou des rapports de commissions parlementaires de niveau Cours Préparatoire et le reste du temps, font semblant d'arriver en galopant en Conseil des ministres avec une chemise rouge à la main, si vous voyez de qui je veux parler...

Ne me demandez "plus" de supporter ça. Ne me demandez plus d'être patient. Je ne vais pas me tirer une balle dans la tête pour faire baisser les statistiques du nombre de chômeurs "non indemnisés et ne percevant aucun minimum social", de toutes façons je ne figure déjà dans aucune colonne ni dans aucune ligne, probablement. Et puis je ne suis ni le cousin ni le copain de Villepin ou Borloo, alors je leur dénie le droit de se foutre ouvertement de ma gueule en disant que tout va bien et que le chômage ne cesse de reculer !

Tous pensent, disent qu'ils "sont" capables, mais de toute évidence ils ne le sont pas du tout. Ils pensent connaître de nombreuses questions mais visiblement, ils en connaissent très peu et d'ailleurs, en-dehors de leur propre personne, rien ne semble vraiment les intéresser, alors qu'ils dégagent ! Tous ! Et que les personnages comme Nicolas Sarkozy, qui parle de "compétences" pour le choix de ses collaborateurs, mais qui ne fait bosser que ses amis ou ceux de son prédécesseur, ceux qui rampent devant lui ou ceux qui ont une bonne cote de popularité... Que ceux-là me lâchent la grappe ! Ca va, merci, ils en ont assez fait pour moi !

Je ne peux pas, je ne peux plus avoir la patience de Gillou qui ne s'offusque pas de voir Juppé revenir au gouvernement. Je ne veux plus attendre les résultats. Et je ne veux plus me demander si Nicolas Sarkozy se fout de ma gueule quand il va bronzer sur un yacht ou au fort de Brégançon : il se fout de ma gueule, et si d'autres préfèrent encore attendre, comme on a attendu de 1981 à 2007 sans jamais rien voir venir, moi je n'ai pas voté pour "ça", pas pour voir une bande de ploucs qui ne savent pas se tenir s'engraisser sur notre dos pendant cinq ans.

C'est pour toutes ces raisons que je ne respecte pas les politiques, je n'ai jamais respecté les flemmards, ni les lâches, ni les menteurs. En étant conscient que nous avons tous des aptitudes et des capacités différentes, je ne "peux pas" cautionner la flemmardise de ceux qui ont des aptitudes et des capacités mais qui s'illustrent en ne faisant rien, qui se réjouissent même de ne rien voir avancer.

Je n'accepterai jamais cela, sauf si TOUT change... Un jour, peut-être, j'envisagerai de respecter ceux dont je parle ici, s'ils m'en paraissent dignes, mais pour l'instant... Quand j'entends Nicolas Sarkozy, avec sa théorie grotesque du "travailler plus pour gagner plus", ou quand je vois un Borloo qui n'a pas la moindre idée de l'incommensurable bordel qu'est l'ANPE, alors qu'il a été ministre de l'Emploi pendant trois ans, ça me rend dingue ! Ca me donne carrément des envies de meurtre.

Ajoutez à cela les employeurs qui ne respectent pas le Code du travail (en ai-je seulement connu un qui le respectait ? Je ne crois pas.), les mentalités dégueulasses dans les entreprises où beaucoup ne pensent qu'à faire du gras et n'obtiennent aucun résultat sans que cela ne choque personne, ajoutez aussi ceux qui profitent à tire-larigot de l'intérim et des contrats aidés... Il y a de quoi devenir un peu hargneux, surtout quand on a déjà vérifié des dizaines de fois l'impossibilité de trouver ne serait-ce qu'un poste de chauffeur ou de téléconseiller dans ce merveilleux pays qu'est la France, parce qu'à partir de 30 ans on est "trop vieux" pour travailler, ou parce qu'on est toujours "trop qualifié" (ou alors on a le défaut de ne pas être sorti de l'ENA pour d'autres...).

Tout ceci explique cela : quatre ans de démolition, ça laisse des marques. Nul doute que je serais beaucoup plus détendu si demain matin, j'avais un endroit où aller "pour exister", mais demain matin, je vais me rasseoir devant ce putain de PC, lire les offres auxquelles je suis abonné depuis des années, et envoyer des candidatures en sachant bien qu'avec un mec comme Borloo faisant office de ministre de l'Emploi, tout ce que je vais faire ne servira strictement A RIEN.

C'est la première fois que je vous parle de tout ça et ce sera probablement la dernière.

Tout ce que je viens d'écrire (même pas une goutte d'eau), ce sont des choses que les politiques refusent de voir et dont, soit dit entre nous, ils n'ont visiblement rien à foutre.

Pas moi ! C'est "contre" ce genre de choses, à mon sens, que la politique DEVRAIT s'insurger. Et même si Gillou me reproche de plus en plus souvent d'être "pour ce qui est contre" ou "contre ce qui est pour", je m'en fous, cela signifie juste qu'il n'a rien compris. Peut-être parce que jusqu'à maintenant, je n'avais pas vraiment pris le temps de lui expliquer, de vous expliquer qui je suis vraiment (voilà déjà un petit bout).

Les palabres, les papouilles, l'auto-satisfaction systématique, les risettes ou les week-ends à Malte, à Brégançon ou les joggings de mes deux, on peut en penser ce que l'on veut, pour moi c'est tout simplement SCANDALEUX. Et voir un gars comme Nicolas Sarkozy s'engager sur des "résultats" ne l'est pas moins, en particulier en matière d'emploi où le "président" promet de mettre en place des solutions qui sont déjà tellement inappropriées et tellement dérisoires qu'elles en deviennent ridicules ! Pour ceux qui ont du boulot, évidemment, parce que pour les autres... Ce ne sont que des raisons supplémentaires de vouloir "tout faire péter".

J'arrête d'écrire sur ce sujet. Merci en tout cas à toutes et à tous pour vos commentaires d'hier et pour m'avoir lu jusqu'ici : à partir de maintenant, quand je brocarderai des politiques, vous saurez que ce n'est ni pour contester quelque chose, ni parce que je "serais" une sorte de contestataire professionnel. Simplement, j'en ai plus que ma claque d'être à ce point dépendant d'une poignée de bons à rien qui accordent tellement d'importance à leur(s) petite(s) personne(s) qu'ils sont devenus incapables de voir autre chose.

Quand on a la prétention de servir ses concitoyens, je pense que le plus important est, au contraire, d'avoir conscience du point auquel "on est" ridicule : personne n'est vraiment important, c'est tout le monde qui l'est ! Sarkozy, Fillon, Borloo (etc.), vous, moi... Nous ne sommes, nous ne devrions aspirer à n'être que des rouages. L'humilité, le travail, le respect des autres, la volonté de servir, le sentiment ou, pour les plus intellos, la "conscience" d'appartenir à une communauté, la défense de certaines valeurs aussi... C'est tout ça, l'essence de la démocratie. Le reste, c'est du pipeau.

Posté par emailbox à 02:16 - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Violence

Pascal, bonjour, je comprends ta violence après tout ce que tu évoques et suggères.
Pas tt à fait pout les mêmes raisons, j'ai parfois les mêmes réactions...et Juppé après tt ce que l'on sait: abus d'apparts pour lui et sa famille, ignorance prétendue de qui payait sa secrétaire, mépris pour l'opposition bordelaise...Il devrait comprendre que ce n'est pas sa place.

Posté par Marc, 21 mai 2007 à 09:59

Mon petit poussin....

Je te comprend bien, puisque juste avant de monter mon 1er resto, je suis resté + de deux ans au chomdu. Je sais ce que ça fait d'écrire des centaines de lettres pour 2 malheureux RV, en plus je dois t'avouer qu'en tant que patron, je me méfiais des candidats qui étaient restés trop longtemps au chômage. C'est ce que je viens de dire à ma fille ainée qui est au chômage depuis dix jours et qui voulait "faire des stages"......: "Trouves du taf tout de suite... les patrons n'aiment pas les chômeurs de longue durée!". C'est un cercle vicieux.

Pascal, je te le dis sérieusement.... monte ta propre boite ! Il y a des tas de métiers qui ne demandent pas trop d'investissements.
Ecrivain public (j'ai un copain qui fait ça), représentants en vins, en petites culottes fendues, que sais-je ! et tous les métiers vivants sur la crédulité humaine.

Bon allez, grosses bises et à +

Posté par Gilbert Sorbier, 21 mai 2007 à 10:18

@Marc et Gilbert

@Marc - oui, moi aussi, quand je vois un type comme Juppé qui dit vouloir servir les Français parce que le don se soi est une notion qui a toujours guidé chacune de ses actions, inutile de dire ce que j'en pense...

@Gilbert - tu as bien raison pour ta fille, il faut partir du principe que chaque jour est le dernier, enfin tant que tu as l'énergie, parce que là, moi, il y a longtemps que j'ai l'impression de me battre contre des moulins à vent. Un des seuls domaines dans lesquels je pouvais me lancer et qui ne nécessite pas de gros investissements (bien trop gros pour moi même quand ils sont modiques), c'était le dépannage en informatique à domicile, par exemple. Il y a plusieurs boîtes qui font ça, tu es salarié mais tu n'es commissionné que sur les interventions que tu fais chez des particuliers, ce qui permet par exemple de cumuler des emplois, ou de travailler de quelques heures par mois à plein temps ou presque (selon eux, c'est toujours génial évidemment et tu fais plus ou moins ce que tu veux...). Comme la plupart du temps, la boîte n'a pas retenu ma candidature et il n'y a même pas eu d'entretien individuel. Tout s'est réglé sur cv, même s'ils te font déplacer au coeur de Paris pour que tu te retrouves immergé au coeur d'un groupe de mecs dont le seul credo est "le client ? c'est de la merde !"... Comme tu l'évoques dans ton commentaire, au bout d'un moment, être chômeur de longue durée suffit à te mettre totalement hors-circuit, quelles que soient tes compétences, tes expériences, ce que tu peux apporter ou ton envie de bosser... Tout le monde s'en fout. Le monde du travail aujourd'hui, je le vois surtout comme un monde rempli d'a priori, d'idées préconçues qui font que dans le cas dont je parlais, tous les gars qui disaient "ouais tu sais, le gars tu lui fais croire que ceci tel truc qui déconne et tu lui fais payer une inter de trois heures"... ont été retenus, et les autres non !

J'ai vu ça dans beaucoup de boîtes et dans un nombre inimaginable de procédures de recrutement.

Aujourd'hui j'arrive au bout, je ne sais même plus quoi faire... Même représentant, quand t'as pas de quoi te payer un sandwich pour bouffer le midi...

Je vais donc essayer de (re)faire des piges peut-être, au moins tu peux bosser chez toi.

Posté par Poliblog, 21 mai 2007 à 10:46

E.Public?

En vitesse, Pascal, quand je suis revenu du Sahara, sans rien, débouddolé, j'ai failli faire 2crvain public car je savais que les "issus" de l'immigration en avaient besoin puis j'ai ramé et...je travaille mais pas tt à fait ce que j'aurais aimé faire! Courage, on t'aime bien!

Posté par Marc, 21 mai 2007 à 11:08

fautes de frappe

déboussolé et Ecrivain.

Posté par Marc, 21 mai 2007 à 11:10

Emouvant

Pascal,
J'apprécie toujours te lire et maintenant je comprends mieux la rage qui t'anime.
Je n'ai pas de conseils à te donner, mais peut-être devrais tu prendre contact avec Gilbert. la solution est peut-être de monter ton affaire ... Je suis sûr qu'il te serait de bon conseils Courage ...

Posté par Malakine, 21 mai 2007 à 11:57

Merci mes amis !

Bah, si Gilbert peut glisser un petit mot à son ami Jean-Louis Borloo, un homme que j'ai toujours aimé et respecté plus que moi-même, pourquoi pas ? :)

Je ne sais pas, moi, une petite mission d'étude gouvernementale sur la vitesse moyenne d'un bus dans un champ de maïs, sur le pourquoi de la taille du format A4 ou sur le nombre de décibels émis par un stylo Bic crital bleu... Il y en a tellement qui font ça !

Bon, n'exagérons rien, hein, je ne suis pas en train de crever non plus (quoique), simplement je ne vois plus d'issue. C'est sans doute ce qu'il y a de pire. Si j'ai besoin de conseils, Malakine, je n'hésiterai pas à demander l'avis de Gilbert, qui est un authentique baroudeur de la création d'entreprises : chapeau !!! Vraiment !

Posté par Poliblog, 21 mai 2007 à 12:11

Mais que croyez vous ?

"Et même si Gillou me reproche de plus en plus souvent d'être "pour ce qui est contre" ou "contre ce qui est pour", je m'en fous, cela signifie juste qu'il n'a rien compris. Peut-être parce que jusqu'à maintenant, je n'avais pas vraiment pris le temps de lui expliquer, de vous expliquer qui je suis vraiment (voilà déjà un petit bout)."

Que vous êtes (ou avez été) le seul dans ce cas. J'ai été aussi au chômage de longue durée.
Je n'avais même pas les moyens de me payer un abonnement à internet. Par une erreur de ma part l'assurance chômage sur mes remboursements de crédit ne m'était pas accordé (entre le projet de crédit et l'original une ligne a été supprimée et je ne l'ai pas vu). Pendant plus de quatre ans allez à ma boîte à lettre le matin était une torture de peur de trouver des factures. Tout cela avec divorce et redressement fiscal (en rapport au divorce) pendant cette période noire de chômage et tout cela quand on a un peu plus de cinquante ans. Alors pour retrouver un emploi, ce n’est même pas la peine de l’envisager, seule la création (avec beaucoup de difficulté et de sacrifice) a pu me mettre la tête hors de l’eau. Alors mon cher Pascal la galère (qui aurait pu mal se terminer) je connais et j’ai subi. Ce n’est pas pour cela que j’en veux à la terre entière, c’est cela que j’ai voulu vous faire comprendre. Mais il est vrai que maintenant après avoir travaillé 46 ans (avec trois périodes de chômage dont celle de je viens de parler), je suis en retraite (officiellement). Grace à un ami de ma profession j’ai eu la chance (par cette création) de sortir de cette galère, non sans un parcours du combattant.
Sachez que je vous souhaite (de tout cœur) de pouvoir vous en sortir vous aussi. Mais je sais que le courage ne vous manque pas et que le soleil brillera de nouveau pour vous.

Posté par Gillou, 21 mai 2007 à 12:49

Merci Gillou !

Heureusement, je n'en veux pas à la terre entière, sinon à quoi bon continuer ? Je ne suis pas le plus à plaindre et je le sais, entre autres parce que j'ai un abonnement Internet et que beaucoup, quoique l'on en pense, n'ont pas les moyens. C'est aussi à ceux-là que je pense quand je parle de moi : si j'en avais le pouvoir, je ne les laisserais pas tomber ! Mais quand je suis l'actualité politique, je me demande si c'est moi habite sur Mars, ou les politiques dont je parle... Merci en tout cas pour vos encouragements, si je suis trop souvent à la merci d'un "coup de pas de bol", je sais qu'en ne baissant pas les bras, un vrai coup de bol pourra jouer en ma faveur. Un peu comme le Loto, sauf qu'ici on ne coche aucune case, ce sont les autres qui raient votre nom ou qu'il l'entoure avec un stylo. C'est dérisoire la vie parfois, non ?

Posté par Poliblog, 21 mai 2007 à 14:34

Ceci explique cela...

...et pour avoir également été pour un temps chômeuse d'assez longue durée (après un licenciement à 38 ans), je comprends mieux l'amertume qui transparaît ici. Ce blog est un peu une thérapie....
Ce billet et les situations décrites, j'aurais pu l'écrire moi-même.
Pas de conseils à donner, et encore moins de leçons. Mais pour rebondir, il faut souvent faire totalement le deuil de ce qui a été sa formation, et son activité professionnelle durant bien des années. Ce que je fais aujourd'hui n'a plus rien à voir avec ce qui a autrefois été mon CV, et si je m'étais entêtée, je serais encore au chômedu. Bon courage!

Posté par RoseNoire, 21 mai 2007 à 16:22

Merci RoseNoire

;-)

Pas facile de faire le deuil, surtout quand même lorsque tu essaies de changer d'activité ou de trouver un boulot sous-qualifié, on te claque toutes les portes au nez sans même que tu aies le temps de reculer d'un pas... C'est vrai que ce blog est un peu une thérapie, pourtant je n'y parle pas souvent de "moi" tout compte fait, mais bon, il était devenu nécessaire que j'explique, tout le monde commençait à me voir comme un terroriste en puissance ou comme un échappé de l'asile. Ca ne me dit pas où je devrais aller... Paradoxalement, j'ai toujours fait ce que l'on m'a dit, toujours "créé" ou "réussi" dans des contextes dans lesquels on me donnait un objectif à atteindre et c'était tout. En bon bourrin, j'y allais, je tirais même jusqu'à trois charrues en même temps, mais après... On se rappelle des efforts que ça a coûté, des bâtons qu'on vous a mis dans les roues, des résultats que l'on a parfois du obtenir "contre" ses propres collègues qui, pour certains, sont complètement dingues et s'imaginent que vous voulez prendre leur place, quand ce n'est pas votre chef ! On se sent fatigué "a posteriori". Quoique je fasse, j'essaierai de ne plus jamais bosser dans ce genre de contextes, où les gens se marchent dessus, guettent les faux pas des autres quand ils ne les provoquent pas, racontent en lousdé des histoires inventées de toutes pièces dans le bureau du patron ! Souvent, j'ai vraiment l'impression que tout marche de la même manière en politique, que tout est bien pire, même ! D'où peut-être le choix de la politique comme sujet pour mon blog.

Posté par Poliblog, 21 mai 2007 à 16:52

Alors c'est possible...!

J'ai lu attentivement votre témoignage qui fait froid dans le dos ; tant de compétences gâchées... parfois, il arrive qu'une rencontre - un employeur moins con qu'un autre - change notre vie. Parfois, il arrive aussi qu'on se lasse d'essuyer les mêmes refus injustes et qu'on se pose des questions sur le sort qui s'acharne... Il est heureux qu'écrire permette de se pencher sur nos ressentis afin de délivrer notre esprit de la tourmente intérieure. Et puis le blog,c'est aussi une façon de s' insérer dans un monde où des liens importants peuvent se tisser.

Posté par gballand, 21 mai 2007 à 23:22

Le monde électronique

Oui, mais étrange société quand même que celle dans laquelle nous vivons. Aujourd'hui, on communique par blogs interposés, avec des portables, par emails... Quand je vois des ados qui passent des heures à tchater tous les jours sur le web, je me dis que le progrès technologique n'est pas pour rien dans cette "évolution" qui ne me plaît pas trop des rapports entre les gens. Pourtant je ne suis pas un bavard !

Pour en revenir à la politique, puisque je suis parti sur le sujet des nouveaux comportements dans la communication (comment je me la pète !), je trouve assez sidérant de voir Sarko avec un portable toujours vissé à l'oreille, comme si sa vie en dépendait.

Je connais pas mal de gens comme ça, qui parlent tout le temps, qui ne savent jamais s'arrêter, pour lesquels le portable est plus indispensable qu'un rail d'héroïne pour d'autres ! Le plus terrible, c'est que parfois, sans ledit portable, ils deviennent complètement aphones, incapables de sortir un commencement de mot ! Sans vouloir se l'avouer, beaucoup sont esclaves de leur portable. Ils ne le coupent jamais, même s'il y a cinq cent mecs autour d'eux pour les tenir informés de ce qu'il se passe en n'importe quel endroit du globe, à toute heure du jour ou de la nuit (comme Sarko) !

Ce n'est qu'un petit détail, mais même ça, je trouve que c'est préoccupant... Sarko aurait des problèmes justifiant la prise massive de bromazépam ("pour de vrai") que ça ne m'étonnerait pas. En tout cas, ceux qui sont comme lui et que je connais sont tous identiques sur un point : si à la fin de la journée on fait le bilan de ce qu'ils ont dit, écouté, de tout ce qu'ils pensent "qu'il s'est passé", on s'aperçoit que le plus souvent il ne s'est rien passé du tout. Il ne reste rien des conversations, la plupart s'étant résumées à des : "tiens, salut toi, comment ça va ? Tu as vu, Kouchner ? Ca y est, il me lècherait les pognes !".

Mais bon... Je ne fais que monter un petit scénario à partir de ce que l'on sait déjà de notre cher Président. On a tous nos petites addictions, d'ailleurs ce blog en est devenu une parmi d'autres pour moi, d'une certaine manière, car je me rends compte que si je ne pouvais pas relâcher la pression ici, j'aurais peut-être besoin d'en prendre, moi aussi, du bromazépam !

Ca sert aussi à ça l'électronique, c'est un peu comme tout, il y a du bon à prendre mais il faut quand même faire attention au reste, ne pas se laisser envahir (sinon on devient comme Sarko ?).

:)

Posté par Poliblog, 22 mai 2007 à 00:45

Ne le prend pas mal !

Voilà ce que j'ai écris ce matin chez Eric Dupin:
@Gatien:
"On observe effectivement que dans un certain nombre de secteurs, le secteur du bâtiment, dans le secteur des services à la personne, les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration il y a des postes qui ne sont pas pourvus", a déclaré M. Hortefeux sur Europe 1."

C'est exact, en France, les "bac +" sont tellement habitués à mépriser les métiers manuels, qu'ils préfèrent passer leur vie à se plaindre au RMI plutôt que de se relever leurs manches. Les "Djeuns de nos belles banlieues", ne "sont pas des esclaves" et donc méprisent encore plus les métiers manuels, que ne sont même pas des options envisageables pour eux!

Dérisoire !!!!

Il y a peut-être des décisions à prendre au niveau de l'enseignement pour revaloriser l'apprentissage et les bacs techniques... ou bien ?

Posté par Gilbert Sorbier, 22 mai 2007 à 09:45

Les métiers manuels

Avec Côme, je crois qu'on a été les premiers sur le blog de Laurent Bazin à "oser" parler du mépris pour les métiers manuels qui s'est instauré et développé de façon très logique dans un pays où l'on a voulu amener tout le monde jusqu'au BAC, ce qui est déjà complètement idiot pour des raisons de "capacité", mais le résultat a quand même été atteint et résultat, aujourd'hui, même un très bon apprenti supérieurement intelligent passe pour un con qui ne sait rien faire d'autre que de se servir de ses mains... On n'a plus l'amour ou l'admiration du travail bien fait par le cuistot, l'ébéniste ou le couvreur-zingueur qui est souvent le seul à voir la beauté de ses réalisations. C'est la civilisation des a priori, des apparences trompeuses, des gens qui se racontent toujours des histoires, à commencer par la leur. J'ai bossé sur des chantiers dans des banques qui restaient ouvertes alors je sais ce que c'est que le mépris du col bleu ! 'faut pas compter sur moi pour critiquer un jour les métiers manuels, beaucoup d'ouvriers avec lesquels j'ai travaillé étaient plus intelligents, sur tous les plans (humain surtout) que pas mal de profs qui m'ont "amené" jusqu'au BAC, enfin si je puis dire, parce que si j'avais attendu après tous...

Alors oui, tu as raison, beaucoup de BAC + méprisent purement et simplement les cols bleus et les autres, et les métiers manuels, et même tout ce qui est différent d'une manière générale, mais je pense que la connerie de chacun à plus à voir là-dedans que toute autre explication. La connerie ou "l'expérience", le vécu, qui est toujours bien plus "petit" qu'on croit... Pas facile de se débarrasser de ses a priori. Moi aussi j'en ai eu de sacrés à certaines époques, mais la réalité, les rencontres, le boulot, plein de choses m'ont ramené les pieds sur terre. J'ai appris, alors que j'en ai vu d'autres qui dans les mêmes circonstances, ne changeaient pas d'un iota. Je ne les "connais" plus du tout aujourd'hui, c'était souvent... des sales cons.

Posté par Poliblog, 22 mai 2007 à 12:48

Eh bin

Je n'avais pas lu cet article, toujours d'actualité et aussi depuis 20 ans, malheureusement intemporel presque, mais ça correspond à ce que j'ai vu du recrutement et de l'anpe.
Je n'ai pas écrit un aussi détaillé tableau, je suis peut être trop concis en général. J'absorbe plutôt jusqu'au moment où j'explose. Ca se traduisait par une gueulante en plein milieu d'une anpe quand je constatais la débilité de ce qui s'y passait ou alors quelques jets d'acide verbal à des recruteurs qui sont toujours étonnés d'en voir un qui réagit.

J'ai été au chômage quelques temps, je me défoulais à couper des tonnes de bois à la tronçonneuse ou à la hache. J'ai même imaginé et dessiné une chèvre à tronçonner bien mieux que celles du commerce. Bref je m'occupais à ma façon.

Pour les travaux manuels, ma nièce de 18 ans est apprentie en plomberie. Ce qui lui a valu des remarques méprisantes de son pourtant demi-frère( mon neveu) qui se croit sorti de la cuisse de jupiter parce que il a une formation ( bac +5) en ressources humaines et qu'il oeuvre dans ce cloaque que pour ma part j'exècre.

Assez d'accord, la situation s'est dégradée depuis 10 ans. Pour l'instant ce sont plutôt les nuls qui en bénéficient, un peu l'inverse de la logique darwinienne. Mais ça n'est qu'un détour régressif, un peu trop long à l'échelle d'une vie, il faut bien le reconnaître.

Posté par olaf, 07 novembre 2007 à 20:36

Théorie de l'évolution inverse : ô combien vraie !

Mon pauvre olaf... J'ai eu un peu l'impression de me lire en découvrant ton commentaire. Toujours le même problème de nuances dans la connerie : des gens que l'on dit très cons sont extrêmement intelligents sur le plan humain et inversement, d'autres que l'on dit très intelligents sont de viles ordures, qui jouissent en gerbant sur les premiers. Spécimen le plus rare ? Celui qui a un gros QI et qui sait ne pas être con. Spécimen le plus répandu ? J'ai bien peur... que ce soit l'idiot qui ne supporte pas les autres. Un personnage qu'on s'arrache en ce moment !

Incidemment, ça m'a fait drôle de relire "ce" texte. Par moments, j'ai peine à croire que c'est moi qui l'ai écrit, même si l'histoire m'est si familière qu'elle pourrait difficilement être celle d'un autre (enfin j'espère).

Ce qui me frappe le plus, c'est le fond du texte, tout ce qui n'est pas écrit mais que l'on peut quand même lire entre les lignes... Que l'on vit à présent dans un monde où pire que "chacun pour sa gueule", c'est maintenant à celui qui marchera sur le plus de crânes pour arriver : plus ça craque, mieux c'est ! Evidemment, pour rapprocher ça de la politique, la dernière phrase me fait penser à quelqu'un, qui me sort plus que jamais par les narines en ce moment, comme lorsque j'ai commis ce petit déferlement, un soir où je devais (quand même) être un poil énervé...

;-)

Posté par Poliblog, 08 novembre 2007 à 00:44

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