MG42L'UMP c'est fini. On pressentait, dès le soir du 6 mai 2007, qu'une fois le petit Nicolas élu, et ayant surtout fait en sorte peu après qu'il n'y ait plus de président du parti après lui (mieux qu'après moi le déluge, après moi, rien), il faudrait un sacrée dose de courage ou d'inconscience à des frondeurs pour signifier au mégalomane de l'Elysée que le parti ne lui appartenait pas "en propre".

Sentant sans doute la pression monter dès le début, Nicolas, qui avait d'abord rappelé Devedjian à sa condition d'inférieur en offrant à une inconnue dépourvue de compétences remarquées (voire d'un certain diplôme) le ministère de la Justice, avait quoique l'on en pense aujourd'hui choisi dans un premier temps de jouer l'apaisement, en confiant à l'Arménien et à un vieux bossu (Raffarin) la tête, soi-disant bicéphale à l'époque, d'une caricature de parti dont la tête bossue s'est depuis quelque peu désengagée, comprenant et alertant même discrètement ses pairs, en certaines occasions, du fait que Nicolas Sarkozy était à l'UMP ce qu'Adolf Hitler avait été au NSDAP à partir de 1920, où Adolf avait creusé son sillon avant de devenir chancelier de l'Allemagne en 1933. Les férus d'Histoire se souviendront pour l'anecdote qu'à l'époque, Hitler avait déjà intrigué pour éliminer ou faire interdire tous les autres partis politiques en Allemagne, le NSDAP restant le seul parti politique autorisé outre-Rhin de 1933 à... 1945, année du suicide du fou.

Ce genre de parallèles, quelle que soit la façon dont on analyse la situation de l'UMP aujourd'hui, avec des nominations ou "extractions" au gré des humeurs de celui qui est resté le seul et unique patron, ne choque en tout cas pas (trop) Patrick Devedjian, qui a un temps joué le rôle de tampon entre une présidence qui est allée jusqu'à se couper de ses élus (des inférieurs, eux aussi) dans les deux assemblées, ne communiquant plus dès le mois de mai que pour donner des ordres qui ne sauraient être discutés, pendant que Patrick, oscillant constamment entre l'obéissance aveugle et une vague révolte au bout de laquelle il n'aura finalement jamais été, a compté les jours qui passaient, et mesuré, surtout, la désertion, voire le dégoût des troupes. Moral tout de même regonflé par une nomination au poste de président du Conseil général des Hauts-de-Seine, ce qui donne à Pat' une certaine autorité pour se la raconter, chose que l'adepte du sous-pull toujours désastreux pour la bouée, légèrement en-dessous du nombril, a toujours adorée au plus haut point.

Vient ensuite la claque des municipales, et les critiques fusant depuis le château où l'on a rendu Devedjian responsable de la démotivation des troupes qui se sont laissées submerger sur le terrain, incapables le plus souvent de gagner de nouvelles positions, et tout aussi inaptes à défendre celles qui étaient déjà acquises. Partout, on recule, se repliant comme l'armée allemande à partir de 43-44 vers ce que, par illusion, on continue de considérer comme "le" bastion d'une politique de civilisation à deux balles, puisqu'il ne s'est en l'occurrence jamais agi de politique et encore moins de projet de civilisation...

C'est alors que contre toute attente, l'hebdomadaire Marianne, qui avait hâtivement titré "Demain, le putsch de Fillon..." le 1er mars (!), se voit administrer l'une des claques les plus magistrales de son histoire, par un Sarkozy qui quand on envoie un coup de pied dans son séant royal a coutume de répondre en sortant la MG42. Outil idéal pour faire baisser les têtes dans les camps d'endoctrinement forcé d'entrainement de l'UMP. Mitraillé, donc, tout ce qui pourrait favoriser une montée en puissance d'une branche Fillon au sein de l'UMP, Devedjian, le secrétaire général, sera désormais placé sous l'étroite surveillance de Xavier Bertrand, Bidibule en grâce dans l'effectif des cire-pompes du chef, et qui sera chargé de resserrer les rangs en encerclant tout le monde avec un câble d'acier que le gros va serrer jusqu'à ce que le sang gicle, au risque, évidemment, de couper carrément en deux quelques-uns des anciens "copains" qui seraient encore tentés de ne pas filer droit... Pour amuser la galerie, féminiser dit la presse la coloration en rouge de toutes les moquettes au siège de l'UMP, on a adjoint à Bertrand Nathalie Kosciusco-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie qui a pour particularité de toujours commencer ses interventions en affirmant que malgré la meilleure volonté du monde, elle ne peut agir sur quoique ce soit, les Kosciusco-Morizet, d'ailleurs, semblant beaucoup plus inspirés pour monter des dynasties à l'égyptienne que pour se mettre au boulot, si l'on en croit la fiche sur Wikipedia consacrée à la famille "KM"... Pas si courant dans Wikipedia.

L'UMP détruite ou mise au pas, c'est la même chose, Fillon se sachant condamné d'une manière ou d'une autre et même déjà enterré malgré des sondages plus favorables que jamais, un chef omnipotent qui contrôle tout quand il ne fait pas contrôler le reste par des sbires dénués de morale et dont la compagne évoque au moins autant Eva Braun que Jacky Kennedy... On semble enfin y être, Sarkozy aura été jusqu'à détruire le parti qui l'a porté au pouvoir par simple, par adoration pathologique de lui-même, avec pour nouvelle obligation, dans le futur, d'aller toujours plus loin dans la tibétisation de son ancien parti, qui passe par l'élimination de toute forme de contestation.

Le tout... sans aucune réaction des principaux intéressés, qui ont tous parfaitement reçu le message et compris, surtout, que chacun est devenu une victime potentielle du serrage de câble confié à Xavier Betrand : pour échapper au découpage par le milieu, il faudra absolument éviter de se tenir sur les bords, rester plutôt près du centre, près de Bertrand et de sa "caution féminine" chargée, pensent les journalistes dépourvus de matière grise, de faire contrepoids au p'tit gros, dont les dents pourraient se mettre à pousser. Ou quand la naïveté (ou la lâcheté) se transforme en connerie...

En attendant, vivement la suite, qu'on voit des corps coupés en deux ! Ne dit-on pas qu'à une certaine époque, les Français ont adoré voir des têtes rouler dans des paniers ?

Xavier Bertrand monte en puissance à l'UMP
http://www.lepoint.fr/actualites/xavier-bertrand-monte-en-puissance-a-l-ump/1037/0/233011