Poliblog indépendant

Ici on commente l'actualité politique, vue du côté de ceux qui, le plus souvent, la subissent. On a beau essayer de rester objectif, face à tant de niaiseries c'est dur !

06 mai 2008

Mobilisation sans précédent de l'Etat français pour voler au secours de la Birmanie

euros__pi_ces_... durement frappée par un cyclone, qui a tellement intéressé les journalistes d'iTélé aujourd'hui qu'une fois sur deux, ils ont oublié d'en citer le nom... Une lacune que nous comblerons en disant que selon les premières estimations, Nargis aurait provoqué la mort d'au moins 10.000 personnes, le nombre de portés disparus étant encore plus élevé et restant, bien sûr, inconnu.

Du côté des régions sinistrées, ce serait pire, puisque l'ensemble des zones touchées, toutes très sévèrement, regrouperait environ 24 millions d'habitants selon le sujet publié sur le site Internet de France Info.

En cause, la géographie du pays, dont une bonne moitié Sud est composée de côtes avec une multitude d'anses débouchant elles-mêmes sur des rivières, chenaux, etc., dont "le delta du fleuve Irrawaddy qui a été balayé par des vents de 200 km/h" : pas de chance, car nombre de villes importantes, dont la capitale Rangoon, se trouvent au Sud. Sur tout le reste de la côte, des villes, villages et autres auraient été purement et simplement rayés de la carte, la Thaïlande étant a priori le pays où il serait le plus facile d'implanter des bases arrières pour une opération humanitaire de grande envergure qui paraît, euh, urgente (pour l'instant, les ONG en général trouvent surtout qu'il est urgent de réfléchir sur cette question).

Face à une catastrophe d'une telle ampleur, à-côté de laquelle les 2.600 morts du World Trade Center et les "1.300 à 6.600 morts" de Katrina (on s'en fout, il y a peu de blancs là-bas, avait estimé George) sont de la roupie de sansonnet, la France ne pouvait pas rester les bras croisés.

Petits problèmes toutefois, la Birmanie c'est loin ; les Birmans, on s'en fout, parce qu'ils ont tellement peu de ronds qu'ils n'auraient même pas les moyens de nous acheter une frégate, et par-dessus tout, Nicolas l'a dit l'autre jour, les caisses sont vides.

Raclant malgré tout, à tout hasard, les fonds de tiroirs de l'Elysée et de tous les ministères et secrétariats d'Etat, où il traîne toujours quelques menues piécettes, l'Etat français a réussi à rassembler la somme mirifique de 200.000 euros, qu'il va envoyer un jour sous la forme d'une aide d'urgence "accordée" à la Birmanie (attention hein, c'est pas un don).

Ca représente, voyons voir... 1,45 fois le montant des dépenses engagées par l'Etat (on simplifie) quand Christian Estrosi avait dû regagner précipitamment la capitale de la France en djète pour boire une coupette à la santé du petit Nicolas.

Comme quoi, en ce bas monde, s'il y a une chose qui vaut encore moins cher que la parole de Nicolas Sarkozy, c'est bien une peau de Birman !

Mobilisation mondiale autour de la Birmanie
http://www.france-info.com/spip.php?article131644&theme=14&sous_theme=17

Estrosi : le  flying jean-foutre par qui le énième scandale arrive
http://poliblog.canalblog.com/archives/2008/02/08/7872507.html

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Sarkozy privé de gâteau

g_teau_d_anniversaire_1_anAlors qu'iTélé avait promis de consacrer sa journée de lundi à un bilan de la première année de mandat de Nicolas Sarkozy, j'ai éteint le poste après l'Edition Spéciale de Canal Plus ce midi, n'écoutant auparavant que d'une oreille distraite les infos du matin qui n'ont pas tardé à se répéter en boucle, sans qu'on y fasse de commentaires bien transcendants sur un "bilan" de Sarkozy (juste une petite intervention de Domenach le matin, qui a évidemment mentionné le titre qu'il aurait personnellement choisi pour le dernier numéro de Marianne : "Putain, quatre ans...").

L'explication est peut-être à chercher dans le fait qu'au moment de dresser un bilan de l'action de Nicolas Sarkozy au cours de sa première année de mandat, on retombe toujours, comme on s'est d'ailleurs borné à le faire toute la matinée sur iTélé, sur un seul mot, qui revient de façon aussi répétitive que les infos du matin : "promesses". Sous-entendu "non tenues", évidemment.

A une critique en règle d'une ligne politique qui, en fait, ne semble tout simplement pas exister, ou que l'on pourrait réduire au mieux à un mot comme "démantèlement", on a préféré des sujets qui ont parlé du personnage Sarkozy et du seul domaine dans lequel le chef de l'Etat a paru vraiment s'investir à fond (et même à fond à fond) depuis un an : le bling-bling, parsemé ça et là de reptations (en particulier devant Kadhafi) qui ont incontestablement dû faire beaucoup jaser dans les rédactions, et d'histoires de cul dont on s'est par contre bien gardé de parler, préférant le scénario d'un petit Nicolas qui ne supportant décidément pas la solitude n'aurait eu besoin que de très peu de temps pour remplacer l'irremplaçable Cécilia.

Sur le plan des réalisations et d'un bilan politique par contre, rien, ou vraiment pas loin. Quand on était poli, on a dit que Sarkozy avait lancé de nombreuses réformes, ou de nombreux "chantiers", bien que personne n'ait jamais vu le locataire de l'Elysée avec une truelle au bout de la main qui porte la Rolex, et quand on l'a moins été, on a donné dans la facilité en rappelant ce que tout le monde savait déjà, à savoir que le touriste de la République est impopulaire, qu'il ne cesse plus de tomber dans les sondages, et qu'un climat social difficile l'attend pour les semaines à venir, avec une vague de contestations que l'on a souvent réduite au seul corps enseignant, enterrant presque les très récentes manifestations contre l'allongement de la durée de cotisation à 41 ans (!)...

La journée, malgré tout, ne se sera pas écoulée sans qu'on assiste au balai habituel, donc au balai minable, de politiques qui ne peuvent pas s'empêcher de parler quand il n'y a rien à dire, et quand l'heure serait plutôt à virer Nicolas Sarkozy de l'Elysée à coups de pompes dans l'arrière-train.

Ignorant leurs emplois du temps de cumulards que l'on sait pourtant bien remplis par exemple, Yves Jégo et Jean-François Copé sont tous les deux intervenus sur iTélé pour se féliciter de la bonne santé de la France, avec des lendemains qui promettent de gazouiller pour tous ceux qui dans un simple moment de tempête continueront envers et contre tout à croire en Nicolas Sarkozy.

Autre son de cloche à gauche, notamment pour Flanby (François Hollande), qui s'amusait récemment du nombre toujours croissant de candidats à sa succession : pas loin de dire que croire en Nicolas Sarkozy, c'est ne croire en rien du tout. S'il avait été inspiré évidemment.

Du côté de l'inénarrable Balladur, le ton avait déjà été donné pendant la dernière émission de Dimanche Plus, où agitant son goitre comme les chiens des dessins animés de Tex Avery agitent leurs babines, le blafard Edouard avait expliqué que selon lui, Nicolas Sarkozy était presque une incarnation vivante de la force et du courage (oui oui) ! Propos qui n'ont pas fait éclater de rire Laurence Ferrari, qui dément toujours avoir eu une quelconque liaison avec le petit Nicolas quand Cécilia était allée prendre l'air loin du moulin à vent, tout comme elle dément aussi avoir passé un week-end dont on ne sait pas s'il a pu être torride ou pas avec Nico à Marrakech...

Un des rares enseignements qu'on aurait pu tirer des images diffusées au cours de la matinée, d'ailleurs, aurait pu être que rien ne semble plus insupporter Nicolas Sarkozy que la France et les Français, lui qui ne choisit jamais la première pour les samedimanches où môssieu pense qu'il a mérité de se relaxer, lui aussi qui ne sait s'adresser à un franchouillard inconnu qu'en l'apostrophant par un : "ben descends un peu !", quand il ne dit pas à un autre qui veut rester propre sur lui : "ben casse-toi alors, pauv' con !".

Un résumé partial ? Pas forcément. Car si on a souvent omis de parler des franchises médicales "du début" ou de la destruction en règle de la justice de proximité, noyées dans la masse, on n'a pas oublié de parler des biens rares "réussites" attribuées à Nicolas Sarkozy, les commentateurs les plus avisés omettant sciemment de préciser dans la foulée qu'il ne s'agit que de réussites sur le papier, et que fondamentalement, rien n'a changé ou ne changera suite aux exploits prêtés à Sarkozy concernant le mini-traité européen ou l'Union Méditerranéenne, que le futur président de l'Europe tenait vaguement à mettre sur les rails, se voulant à la fois au coeur d'un nouvel axe franco-américain passant par l'Angleterre, au coeur d'une Europe enfin débarrassée de l'influence trop pesante d'une Allemagne qui l'embête d'autant plus qu'elle réussit économiquement, et au coeur d'une (encore) nouvelle Union Françafricaine dont le centre se trouvera dans la flotte, quelque part dans un triangle Marseille-Alger-Tunis...

Tout ça ne remplira pas la gamelle des Français. Sarkozy, qui le sait, a expliqué que bien que les fonds étaient devenus illimités pour les week-ends touristicoquins et voyages officiels du président de sa République, il n'en allait pas du tout de même pour le pouvoir d'achat des Français, au sujet duquel Nicolas a dit que le porte-monnaie de la France était totalement vide... A cause, bien sûr, d'un trou que l'on doit à ses prédecesseurs qui, à force de trop tirer sur le cuir, ont fini par faire péter une couture du porte-monnaie, provoquant une disparition progressive des sous qui se trouvaient dedans et que le pauvre Nicolas n'a pu que constater une fois entré en fonction (snif).

Finie la rigolade, d'ailleurs Edouard, la peau de farine au goître qui se trémousse, l'avait dit de façon aussi claire la veille dans Dimanche Plus : "pour gagner plus, il faut produire plus, et pour produire plus, il faut travailler plus". Clair comme de l'eau de roche ! Un peu comme si l'on disait : "pour redresser la France, il faut la curer de ses poids morts, et pour la curer de ses poids morts, il faut d'abord la débarrasser des gens comme Edouard Balladur".

Anecdotes mises à part, le constat le plus noir que l'on puisse dresser après un an de présidence Sarkozy, c'est que malheureusement, aucun de ces sujets de réflexion ne perturbera le sommeil de notre président, bercé dans son sommeil par le cliquetis à peine audible d'une Rolex posée sur sa table de nuit en marbre doré à l'or fin, que seule une oreille très expérimentée peut percevoir au-delà de ses propres ronflements, mais définitivement sourd à tout le reste, et ayant bien l'intention de le rester jusqu'en 2012. C'est en tout cas le message qu'ont essayé de faire passer les clowns, peu inspirés, de la majorité en rappelant que Nicolas Sarkozy était encore là pour quatre ans, et qu'on pourrait juger du vrai bilan de ce qu'ils appellent sa "politique" cinq ans après son élection.

Cinq ans trop tard, de toute évidence.

On a beau dire, on a beau en penser ce que l'on veut, il est probable que personne ne s'y habituera, à part bien sûr le principal intéressé, Nicolas Sarkozy : le règne, l'apologie de l'inculture ; la "casse", systématique, de tout ce qui pouvait représenter un quelconque modèle français ; les papouilles aux dictateurs ; la burgerisation de la France ; le comportement de jean-foutre, bourré de tics nerveux (bromazépam ?) ; les bras cassés chargés des plus hautes (com)missions ; les nullard(e)s, intriguant(e)s, lécheurs(ses) récompensé(e)s, projeté(e)s en tellement de points différents, simultanément, qu'on croirait assister à un remake de la 82ème et de la 101ème aéroportée réunies sautant sur la Normandie dans la nuit du 5 au 6 juin 44 (!) ; la France traînée dans la merde dans l'ensemble de la presse étrangère ; Angela qui ne supporte plus que le rustaud la tripote sans arrêt ; sa Suffisance qui a maintenant sa propre marionnette, ou son personnage de dessin animé, dans des pays où on le brocarde parce que n'y étant pas Français, par définition, on ne se pose aucune question sur sa psychologie, et encore moins sur l'état mental de l'individu, que l'on se contente donc de railler ; un "service de sécurité"... chinois, défilant en plein Paris sous la protection de policiers prompts à jouer des menottes ; les clandestins, pour qui la caméra est devenue un écran de protection, genre écran total puisqu'ils sont régularisés à tours de bras quand ils sont filmés, mais parqués dans des fourrières pour hommes, femmes et enfants comme des bestiaux quand leur cas n'attire aucun objectif ; les théories et mécanismes économiques réécrits chaque semaine par Lagaffe, chargée de distraire les intellos en mal de crises de rire pendant que Rachida choisit sa tenue du jour (pour les trente jours à venir) entre deux séances photos dans Match, pendant aussi que Rama Yade se dévoile dans Psychologies, n'ayant rien à dire dès lors qu'il est question d'évoquer les droits de l'Homme ailleurs dans la mesure où, souvent, ça pourrait contrarier le "bizness à Nico"... ; Darcos qui veut éradiquer la population enseignante, et la troupe plus nombreuse encore de l'intendance, mammouth qui ne lève pas une paupière pendant que dans les collèges et lycées, on se poignarde (trois affaires "connues" en moins d'une semaine), on se viole (un cas la semaine dernière) ou on se vend de la came par brouettes entières (quotidiennement)... On la savoure avant d'aller en cours le matin, on l'aspire à chaque intercours de la journée, et on la vomit presque à l'heure de la sortie (s'il n'y avait pas les "copains"), tant on en a reçu sa dose en six à sept heures, maximum.

Pas grand-chose de tout ça dans les résumés de la matinée sur iTélé. Tout juste a-t-on évoqué à un moment de la journée le niveau de nullité des élèves français par rapport à ceux des autres pays de l'OCDE. Ou les prévisions économiques, dont on n'ose pas dire qu'elles sont catastrophiques. On ne s'est pas davantage étendu sur les premières "mesures" de Sarkozy, qui font toutes un bide complet, ce qui n'aura étonné aucun de ceux qui les avait trouvées complètement connes dès le départ.

Juste un début.

Dans le Sarkoland, il reste, heureusement, un personnage sur lequel on sait depuis aujourd'hui qu'on pourra toujours compter pour redorer l'image de la France, à ses propres yeux comme à ceux de l'étranger : Christine Albanel, qui vient de faire Kylie Minogue Chevalier des Arts et Lettres. Une distinction bien méritée par une chanteuse australienne de langue anglaise qui nous aura tous faits trembler jusqu'à la moëlle avec des paroles émouvantes comme "Venez, venez faire la locomotion", "Spécialement pour toi" ou encore, "Je ne peux pas te sortir de ma tête". Remarquez... C'est ce qui arrive dans un pays où s'il était encore vivant, Beethoven lui-même refuserait de venir chanter (il aurait bien fallu qu'il s'y mette). Un rejet que les Français auraient bien du mal à comprendre d'ailleurs, après celui des Chinois, car étant complètement sourd sur la fin, un Beethoven vieux n'aurait eu aucune chance d'entendre les conneries de Nicolas Sarkozy ou de ses "cire-pompes" (expression © Dominique de Villepin).

Sarkozy privé de gâteau donc, en tout cas par le Poliblog.

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