tombeCa devait arriver : au second tour des élections présidentielles, idem aux élections législatives, en l'absence de candidats les représentant ou de chances, pour ces derniers, de pouvoir défendre jusqu'au bout ce que par simplication j'appellerais leur "sensibilité", les électeurs FN avaient majoritairement choisi, par défaut, de soutenir le candidat Sarkozy ou ses domestiques pour faire barrage à une gauche qu'ils voient comme antinationale et immigrationniste dont, bien sûr, ils ne voulaient pas entendre parler.

Par le maintien au second tour de leurs candidats dans toutes les régions où ils étaient en mesure de le faire, les électeurs FN ont cette fois-ci clairement choisi de licencier le Nicolas Sarkozy qu'ils portaient encore à bouts de bras hier pour cause de mensonges ehontés et d'engagements jamais tenus ; et ils ne l'ont pas davantage soutenu dans les régions où le FN n'était pas représenté au deuxième tour.

Le Pen père donc peut quitter la scène sur une "très grande" victoire (beaucoup moins significative qu'elle ne le paraît, en tenant compte de l'abstention -énorme- et de l'offre politique plutôt restreinte au second tour), la petite Marine peut désormais faire prendre ses mesures pour son prochain siège en tant que remplaçante de papa à la présidence du parti, quant à Martine Aubry, à Ségolène, à Cécile et à tou(te)s les autres, ils peuvent remercier le vieux d'avoir réussi à faire ce que la gauche "rassemblée" n'avait plus réussi à faire depuis 1968 (!) : infliger à la droite une défaite d'une ampleur telle que personne, dans ses rangs, ne pourra plus faire comme si rien ne s'était passé.

Pas même Nicolas Sarkozy, qui s'il peut toujours se faire construire une cahute en Alsace, où il est encore le bienvenu, se trouve maintenant au bord d'un trou dans lequel il ne faudrait plus qu'un souffle de vent pour le faire tomber.

On n'ira pas jusqu'à dire "merci" à Jean-Marie, mais tout de même, un vieux borgne qui passe sa vie dans les isoloirs pour handicapés, ça peut servir parfois.