docteur_HousePeut-être pas pour longtemps, peut-être pour plusieurs semaines... Je ne sais pas.

Arnold a fait son grand retour hebdomadaire hier, et au moment où vous lisez ces lignes, j'en suis à ma troisième injection de la journée.

Sans résultat.

Quand j'ai mal comme ça, je ne peux pas dire que j'aimerais qu'Ulysse et ma femme chérie n'existent pas, néanmoins, je dois avouer que s'ils n'existaient pas, cela me rendrait les choses bien plus faciles, à condition bien sûr de disposer de l'outil qui va bien.

Voyons voir, ce ne serait pas très compliqué, même pour un type tout juste capable de se souvenir qu'il faut prendre ses clés quand on sort de l'appartement.

Or donc, il me suffirait de m'enfoncer le canon dans ma bouche, en visant vers l'occiput, de relever le chien et de presser la détente.

Bang.

Fini.

Arnold ne viendrait plus jamais détruire le peu de vie qui me reste, si on peut appeler ça une vie.

Penser tout de même à deux, trois détails : comme cette brève opération d'auto-guérison risquerait de méchamment salir les environs, en particulier le plafond, il faudrait que je prévois, avant d'appuyer, quelque chose pour que personne n'ait à récurer mes bouts de cervelle sur les parois de la pièce, une fois la "libération" effectuée (ouais, moi j'ai jamais aimé salir, surtout lorsque ce sont les autres qui nettoient derrière moi).

C'est ça la névralgie d'Arnold "bilatérale chronique", comme y disait, le soi-disant génie de l'hôpital Bichat qui a fini par me laisser tomber comme les autres, comme une merde... Y'a pas de meilleure définition ! Face à la douleur, surtout à ce genre de douleur-là, tu es toujours seul. Tu refuserais d'ailleurs d'être accompagné ! Tu sais "bien trop bien" ce que c'est.

Autrement dit, les ami(e)s, le Poliblog est provisoirement fermé, jusqu'à ce que je sois à nouveau en état d'écrire. Dieu seul sait quand cela se produira (et encore, je suis pas sûr qu'il sache).

...

Comme je ne savais pas quoi choisir comme illustration pour ce sujet, et surtout pour (pour une fois) vous expliquer cette énième disparition, j'ai choisi la binette du docteur House : un junkie minable, pour ceux qui suivent un peu la série et qui savent ce que signifie "vraiment" avoir mal, et qui bien souvent carburent à d'autres choses que la Vicodine, mais un junkie qui via la prestation qu'il a récemment effectuée dans la VF de House dans un épisode intitulé "Le Grand mal", aura au moins le mérite d'avoir un peu contribué à mettre en lumière ce qu'est la vie quotidienne de mecs comme moi (si si, ils existent) : on pense presque chaque jour à se buter, on se demande comment on fait pour tenir, pour endurer un, des niveaux de douleur aussi élevés, mais comme on est con et que comme le dit le proverbe, l'espoir fait vivre, ben on se dit toujours que le lendemain, ça ira mieux.

Le seul, le léger problème qui se pose avec ce genre de maximes à la con, c'est qu'on ne décide jamais de ce qui vous arrivera le lendemain...

Bah, ne soyons pas trop défaitistes pour autant : d'ici à mon retour, ne vous faîtes aucun souci pour moi. J'ai mal, vous ne pouvez rien y faire, je ne peux rien y faire non plus et les antidouleurs les plus puissants encore moins.

Y'a qu'à attendre que ça passe.

Si ça passe.