Y'a qu'à faut qu'on...
Délicate, la position du parti socialiste ! A la veille des législatives qui s'annoncent comme un probable désastre pour toute la gauche et pour les socialistes en particulier, les ténors du parti multiplient les appels à l'unité... sans jamais donner l'impression de se parler entre deux déclarations ! Hollande, Fabius, Ayrault, personne ne semble entendre les voix des militants qui disent que si tout le monde continue de "se pisser dessus" (je cite), les députés socialistes doivent s'attendre à prendre une raclée dès le premier tour des législatives.
C'est peut-être le fond du problème, finalement : au parti socialiste, on a le sentiment que tout le monde vit déjà dans la crainte, voire dans la terreur de perdre "son" siège, de ne plus faire partie du truc... Et comme d'habitude, au lieu de vraiment se rassembler, d'adopter un discours commun qui pour une fois serait un peu crédible, chacun préfère dire tout le bien qu'il pense de Kouchner, des girouettes de l'ex-UDF qui marchent maintenant main dans la main avec Nicolas Sarkozy, etc.
Quant à Ségolène Royal, a posteriori, on commence à se dire qu'elle est loin d'avoir fait un mauvais choix en préférant rester Présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes plutôt que de se lancer dans une énième course à la députation : se sentir "faible", isolé dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale, ce doit être une chose terrible pour un politique qui croit en ce qu'il fait, alors pour les autres... A quoi bon aller à l'Assemblée, après tout ? A quoi bon se présenter ? Risquer de prendre une claque administrée par des gens qui vous ont élu hier, et qui aujourd'hui vous reprochent parfois, simplement, de faire partie d'un groupe de loosers qui se bouffent le nez ?
Ca me rappelle l'anecdote du meuble Ikea dont j'avais parlé il y a quelques jours. Au parti socialiste, on semble toujours se dire qu'au moment de monter le meuble, la meilleure attitude à adopter est de fixer intensément la notice de montage. Avec un peu de chance, un imbécile aura monté le bazar avant que l'on s'aperçoive que vous n'avez rien fait et mieux, sans que vous ayez à tremper les mains dans le cambouis !
Ca ne marche pas comme ça la mécanique. La politique non plus.