Fin de partie pour Ségo ?
Par la voix de Pierre Mauroy, qui joue un peu le rôle de Père Fouras du Parti socialiste du haut de ses 78 ans, le bureau national du PS a exclu toute idée de tractations et même de discussion avec le MoDem de François Bayrou en vue du second tour des législatives, les deux formations étant pourtant les seules à pouvoir faire barrage à l'UMP au niveau national lors du scrutin de dimanche prochain.
Afin de faire taire les rumeurs nées des déclarations de Ségolène Royal, révélant hier qu'elle avait contacté Bayrou, François Hollande a affirmé qu'il n'y avait pas de conflit entre lui-même ou le parti et Ségolène et a rappelé que le parti n'avait qu'une seule tête, à savoir la sienne, les accords électoraux relevant par ailleurs d'une stratégie qui est ordinairement définie en bureau national (= ça a chauffé pour Ségo. C'est pas trop tôt !).
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-922615,0.html
Officieusement maintenant, il est clair qu'une bonne quantité de Cadres du PS n'ont pas du tout apprécié l'initiative de Ségolène de vouloir entâmer une discussion avec Bayrou dont on devine aisément le sujet. D'une part, bien peu sont vraiment favorables à une telle discussion et d'autre part, personne n'aime voir Ségo "déborder" d'un rôle que personne ne lui a attribué... François Bayrou n'a, du reste, pas donné suite au message de Ségolène et reste sur sa position de départ qui est de ne donner aucune consigne de vote pour le second tour.
En partie pour reprendre la main, François Hollande, toujours aussi inspiré, a exclu de contacter le béarnais mais lui a quand même fait, simultanément, un faux appel du pied en laissant entendre que le MoDem devrait soutenir tout candidat socialiste opposé à un candidat UMP dans sa circonscription (et ta soeur ?).
Pas de commentaire particulier de Ségo, qui semble s'être fait sérieusement souffler dans les bronches et dont le destin s'est peut-être joué hier (mardi 12 juin 2007), car on commence maintenant à évoquer de façon insistante le nom de Dominique Strauss-Kahn (et plus du tout celui de Ségolène Royal) pour prendre la tête d'une équipe qui serait chargée de rénover le Parti socialiste (incidemment, François Bayrou a rappelé lui aussi, hier, tout le bien qu'il pense de Chtroskane pour des raisons qui m'échappent quelque peu... : accords de désistement réciproques avec des candidats chtroskaniens en vue du second tour ?).
Bref, pour Ségo, la sanction "que personne n'attendait plus à force de l'attendre" a fini par tomber. Au PS en tout cas, on lit peut-être le Poliblog puisqu'on a suivi à la lettre mes recommandations d'hier ou presque. Une heureuse initiative qui mérite une juste récompense sous la forme d'une énième précision : si Ségo avait remis le couvert sur son idée d'un rapprochement avec Bayrou, c'était en partie pour court-circuiter... Chtroskane, via son pseudo-objectif d'une nécessaire ouverture au centre, un Chtroskane qui est surtout un obstacle majeur pour Ségolène dans son projet d'ascension jusqu'à la fonction de Premier secrétaire du PS (ce détail a-t-il vraiment pu échapper à quelqu'un ?). Il n'est donc pas "probable", il est "CERTAIN" que Ségo va remettre ça, à la première occasion même, s'appuyant comme d'habitude sur un socle de nouveaux militants qui persistent, en dépit du bon sens le plus élémentaire, à la voir comme une sorte d'héroïne des temps modernes qui pourrait redresser le parti d'un coup de barrette magique...
Difficile de dire ce que Ségo va inventer prochainement pour revenir sur le devant de la scène (?). Pour l'instant, il est surtout urgent d'attendre : après la nouvelle veste qu'ils vont prendre au second tour des législatives, Ségolène Royal aura d'autant moins de mal à mettre dans le même sac tous les Cadres du PS qui ne l'ont pas suffisamment soutenue (sa version), à commencer par ceux qui forment un obstacle direct à la réalisation de ses différents projets, parmi lesquels on trouve justement des poids lourds qui (ce sera encore la version de Ségo) porteront collectivement la responsabilité d'une deuxième défaite majeure à laquelle elle dira ne pas avoir contribué (n'étant elle-même pas candidate à la députation) : Hollande, DSK, Fabius... devront se soumettre à une Ségo rendue folle par son goût immodéré du pouvoir ou devront se résoudre à vraiment se débarrasser d'elle, quitte à la renvoyer dans l'ombre avec "ses" militants Internet à 20 Euros.
J'ai écrit hier qu'il fallait "stopper" Ségolène Royal, on s'est contenté de la gronder... Grave erreur. Peut-être pas aussi grave que celle qui consiste à miser sur Chtroskane pour redresser le parti, mais grave erreur tout de même.