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9 août 2007

Derniers râles de la CGT

MSi les revendications de la CGT concernant des restrictions que le syndicat souhaite voir apportées aux principes du service minimum n'aboutissent pas, "la CGT prendra ses responsabilités", précise un article de Marianne qui a du causer des sueurs froides à Nicolas Sarkozy...

On devine qu'ayant toujours dû s'opposer violemment à des syndicalistes qui placent la défense des intérêts des travailleurs au centre de tout, le président de la République doit passer de bien sales journées à Wolfeboro, voyant peut-être un Thibault s'agiter dans son bol de cacao le matin, hanté ensuite par des visions de pancartes rouges quand il lance le moteur de son hors-bord ou apercevant, plus tard, des baigneurs au loin, dont le chef de l'Etat ne sait jamais si ce sont de "vrais" baigneurs ou des légions de taupes envoyées sur place par un syndicat qui a élevé la pugnacité au rang d'une religion.

Avec de vrais syndicats, cela pourrait se passer comme ça, mais quand on prononce le mot "CGT", le président de la République est pris de gloussements... ou ne peut pas l'entendre à cause de son iPod. Quant aux dirigeants du syndicat, ils nagent plus dans les papelards que dans les eaux calmes du New Hampshire, cherchant inlassablement des textes qui pourraient remettre en cause des mesures qu'ils trouvent bien trop fatigant de contester sur le terrain. Le syndicalisme "intellectuel", dans un monde où tout ce qui touche à la réflexion, même la plus simple, a déjà été évacué par un Sarkozy qui, dit-on, a toujours considéré les intellos comme des inutiles ou des handicapés du bulbe.

Handicapés du bulbe ou pas, le combat est perdu d'avance pour les anciens braillards reconvertis en nouveaux penseurs de la CGT, car s'ils arrivaient encore à s'inspirer d'une "méthode Sarkozy" dont ils ont autrefois été, ironie du sort, parmi les premiers représentants, les syndicalistes auraient déjà constaté qu'en termes d'image et de résultats, rien ne vaut l'agitation sur le terrain.

Vous êtes conducteur de bus, train ou métro et vous voulez voir vos intérêts défendus ?... Changez de métier ! Vos intérêts ne seront pas mieux défendus mais personne, au moins, ne vous demandera de l'argent pour s'asseoir dessus ou vivre de vos insatisfactions.

La CGT attaque à son tour le service minimum
http://www.leparisien.fr/home/info/economie/articles.htm?articleid=276166841

La CGT prépare timidement sa rentrée sociale
http://www.marianne2007.info/La-CGT-prepare-timidement-sa-rentree-sociale_a1765.html?voir_commentaire=oui

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Commentaires
P
Il y a d'autres places fortes où les militants de la CGT semblent considérer que tout doit être soumis à leur approbation, à commencer par le volume d'activité qui doit leur permettre de faire trois pauses le matin et trois pauses l'après-midi... J'exagère un peu mais dans le cas du "livre", on dirait que les choses commencent à changer. La mauvaise santé de la presse papier en général n'y est sans doute pas pour rien, et puis pour les lecteurs, ça devenait surréaliste de se rendre chez le diffuseur le matin et de voir que n'importe quand, plusieurs quotidiens pouvaient être totalement absents des rayons parce que des ouvriers du livre voulaient une nouvelle cuillère pour remuer leur sucre dans le café du matin... Le syndicat aurait dû faire le ménage depuis longtemps, encore aurait-il fallu qu'il le veuille. C'est d'autant plus incompréhensible que si les "ultras" de la CGT s'étaient comportés plus intelligemment, ils auraient au plus de chances de voir des revendications légitimes aboutir, alors que dans le contexte passé, toutes les demandes étaient mises dans le même sac parce que les patrons n'avaient pas affaire à des interlocuteurs mais à des fouteurs de m... Drôle de conception du syndicalisme. :(
G
Ce fameux syndicat évoqué est le syndicat du livre qui dans la presse quotidienne à cette époque faisait la pluie et le beau temps car c'est lui qui embauchait. Et l'entreprise (imprimerie) dont je parlais était une des plus grosses de la région parisienne (2 500 personnes au plus fort de sa production), dont le patron (propriétaire des murs) à préférer vendre ayant par-dessus la tête de remettre de l’argent tous les ans pour maintenir une société sous perfusion que vérolaient les syndicats.
P
Hello Gillou ! ;-)<br /> <br /> Chez France Telecom, j'ai observé un peu le même genre de choses, avec des syndicalistes qui étaient, somme toute, relativement mous, mais qui n'avaient aucune conscience qu'une entité "x" ou "y" a toujours des quotas de production ou des objectifs de rentabilité à atteindre. Pour tout dire, ils s'en foutaient royalement. Je précise (car ce n'est pas clair quand je relis mon texte de 15h42) que je n'ai rien de particulier contre la CGT ni contre n'importe quel autre syndicat, malgré tout j'ai constaté plus d'une fois que l'action des syndicats, dès que la boîte avait un effectif qui leur permettait de "peser", allait un peu trop souvent à l'encontre des intérêts de tous. On cherchait le conflit pour le conflit, ce qui n'incite évidemment pas ceux qui ne sont pas syndiqués à rejoindre les rangs de ceux qui le sont...
G
Je ne peux qu'approuver ton dernier post (15:42). Quand des délégués syndicaux font arreter le travail (dans les années 70) pour la raison qu'ils n'ont pas leur service de fin de semaine(hebdomadaires gratuits) alors que ceux-ci chutent (c'est à dire que l'on ne livre pas la quantité demandée) cela dénote état esprit sucidaire et c'est ce qui c'est passé quelques années après.
P
http://fr.novopress.info/?p=8905<br /> <br /> Des sommes colossales dépensées pour faire bosser les conjoints et les copains, des prestations de communication qui coûtent bonbon mais auxquelles les analystes ne trouvent aucune justification, des chasses gardées dès qu'une "caisse" traîne quelque part ou qu'il y a de l'argent à manipuler...<br /> <br /> Sur le rôle des syndicats, la CGT a failli faire fermer la boîte de mon père, qui n'était qu'une succursale d'un (très) grand groupe d'électricité. Les arrêts de travail et grèves spontanées (avec détention du patron...) étaient devenus si fréquents, autour de thèmes majeurs comme la couleur des rideaux dans la salle du réfectoire qui ne convenait pas aux militants de la CGT (véridique), que la boîte, pendant des années, n'a pas su comment gérer la situation, puis un jour la hiérarchie a tapé (fort) du poing sur la table. On a décidé qu'il était temps de se débarrasser des syndicalistes, qu'on devait le faire à n'importe quel prix, car l'avenir de l'entreprise était menacé avec des militants CGT qui disaient à leurs responsables et aux clients d'aller "se faire enculer", que si on leur en demandait trop ils allaient "tomber dans les pommes et avoir six mois d'arrêt de travail", etc., etc., etc.<br /> <br /> Bref, les syndicalistes qui foutaient vraiment la m... et qui se croyaient tout permis ont fait, du jour au lendemain, l'objet de mesures de rétorsion dignes de ce qu'ils faisaient subir à la boîte depuis des années. Certains ont été licenciés pour des fautes ou insuffisances professionnelles diverses et variées (pas trop difficile, car beaucoup étaient des pochtrons qui montaient dans leur bagnole de service complètement bourrés, certains ont même causé de graves accidents de la route ; d'autres accumulaient de telles quantités d'absences et retards systématiques, jamais motivés, que même les prudhommes les ont envoyés chier en moins de dix minutes ; d'autres ont fait l'objet de poursuites pour menaces de mort à l'encontre de chefs de service, etc.), d'autres ont été "éparpillés" par le biais de mutations qui sont devenues une arme, pour la boîte, pour faire éclater le syndicat ou se débarrasser au moins des faux syndicalistes mais des vrais fouteurs de m..., d'autres encore ont été cantonnés dans des boulots si peu gratifiants qu'ils ont fini par partir d'eux-mêmes... Il n'y avait plus de limites, c'était la guerre totale et le bras de fer permanent, une situation incroyable pour une boîte qui avait bien sûr, au départ, bien d'autres choses à faire que de répondre aux demandes totalement délirantes de syndicalistes avinés, mais on avait dépassé la limite, atteint un point où l'activité de tous était directement menacée par "l'action" des syndicats. Les syndicalistes qui noyautaient la boîte et qui entendaient tout gérer comme si elle leur appartenait ont perdu et, globalement, une bonne quantité d'emplois ont été supprimés. Pour boucher les trous et éviter (à n'importe quel prix) que le phénomène ne se reproduise, la société a stoppé net sa politique se recrutements en CDI, elle a, à la place, recruté un grand nombre d'intérimaires (comme d'autres boîtes l'ont fait à l'époque, parfois pour les mêmes raisons) et continue aujourd'hui de fonctionner sur le même principe : on ne veut PAS y voir de représentation syndicale de la CGT, que l'on voit comme un syndicat de branleurs, de pochtrons, voire de criminels.<br /> <br /> Aujourd'hui la boîte tourne, elle ne recrute pas mais elle ne licencie pas non plus, et bien que la situation ait été difficile à vivre pour tous ceux qui sont restés, après "l'éradication" de la CGT, chacun a redécouvert un certain plaisir de faire son boulot, tout simplement (car c'était devenu impossible).<br /> <br /> Pas de commentaire...
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