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2 septembre 2007

Parti socialiste : c'est fini

Fran_ois_MitterrandPeu de nouvelles dans l'actualité du jour. En prévision de la fusion GDF-Suez qui devrait être annoncée dès ce lundi (le groupe Suez ayant annoncé assez rapidement qu'il allait se plier en partie aux exigences formulées par Nicolas Sarkozy, en abandonnant une partie de son pôle environnement pour se recentrer sur l'énergie), le président de la République a reçu des représentants de la CGT dans la résidence de la Lanterne, habituellement réservée au premier ministre sous les présidences précédentes. L'entretien semble s'être assez mal passé. On a pu voir, notamment, un représentant CGT de Gaz de France qui n'a laissé planer aucun doute à ce sujet lors d'une courte apparition sur iTélé, ce dernier précisant qu'aucun terrain d'entente n'avait pu être trouvé avec le chef de l'Etat, les syndicats, CGT en tête, refusant d'emblée ce qu'ils voient comme une vulgaire privatisation.

Autre sujet presque phare de l'actualité politique dans une journée particulièrement tranquille, l'université d'été des socialistes à La Rochelle s'est poursuivie dans des conditions on ne peut plus habituelles, puisque chacun s'est exprimé à tour de rôle et a ensuite fait mine ou fait en sorte de "rater" les interventions des autres orateurs...

La palme de celui qui maîtrise mieux l'exercice revient sans conteste à Michel Rocard : quand les autres s'exprimaient, Michel somnolait. On a même pu le voir changer la pile de son appareil auditif au moment précis où Ségo la dingo expliquait de quelle manière, forcément, les militants allaient la propulser à la tête du parti...

Absolument rien de neuf, donc, au Parti socialiste : Ségolène Royal a toujours l'intention de faire jouer à plein le réseau Désirs d'avenir qui vérole l'ensemble du parti pour en devenir la Première secrétaire. Bertrand Delanoë, bien que faisant presque l'unanimité, n'arrive pas encore à susciter le même engouement que Ségo... Quant à François Hollande, flairant l'ouverture d'une brêche qui peut toujours s'agrandir, il envisage à présent de se porter candidat en 2012 si toutefois on choisissait de faire appel à lui...

Le Parti socialiste français n'existe plus. Le comique qui se promène dans la lande en costume, dans l'image d'illustration, n'est pas pour rien dans l'effondrement auquel on assiste aujourd'hui : on retrouvait chez Miteux le même culte du chef, du leader charismatique que chez Nicolas Sarkozy. Simplement, la mégalomanie de François Mitterrand était moins ostentatoire que celle de l'actuel président de la République. Ceux qui redoutaient Mitterrand faisaient mine de le considérer (Jacques Chirac a fait partie de ceux-là, même s'il s'en défendait à l'époque) et se serraient les coudes quand ils étaient socialistes. Dès l'annonce tant espérée par certains de la mort du vieux par contre, le parti a commencé à éclater. Les guerres de succession et d'influence se sont succédées jusqu'à ce que plus personne ne soit vraiment en mesure d'incarner "la" gauche, ou seulement la moitié de ses valeurs traditionnelles.

La descente aux enfers continue, mais cette fois-ci je pense que le parti ne s'en relèvera pas. Ca tombe bien, car on ne peut plus rien attendre de ce qui fût autrefois le Parti socialiste français, et puis personnellement, je n'ai jamais été un fan des agonies qui s'éternisent.

Royal et Hollande sont dans le même bâteau
(où l'on comprend comment l'incapacité du PS à choisir un leader après la mort de Mitterrand a tué le parti)
http://www.estrepublicain.fr/une/france/art_530035.php

Université d'été: le PS a commencé son aggiornamento, malgré les résistances
(où l'on n'a pas besoin d'avoir fait Polytechnique pour comprendre que le parti est mort)
http://www.larep.com/afp_une-070901180723.hhm2xerd.html

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Commentaires
P
Ainsi, alors qu'on parle de la nécessité de tailler à coups de serpe dans l'effectif de l'Education Nationale, j'ai pris récemment connaissance d'une info que je ne connaissais pas (30.000 profs auraient "disparu" -je ferai un petit sujet là-dessus-, info qui plaiderait plutôt pour un bon coup de Kärcher à l'E.N. !), alors que ce midi était diffusée sur iTélé une émission ("Polémique") qui dressait des constats plus alarmants que jamais, notamment celui que l'E.N. ne remplit plus du tout sa mission (ne faisant en-celà que se conformer aux objectifs définis par les politiques) : le Bac ne vaudrait réellement plus rien, les bacheliers seraient presque tous illetrés et incapables de faire des calculs simples ou de penser, tellement loins en fait du niveau de l'ancien Certificat d'études que beaucoup tirent la sonnette d'alarme pour la millième fois. Réaction des politiques ? Absolument aucune... Alors que de toute évidence, avant de raisonner en termes de moyens, il faudrait changer toute l'approche, revenir aux anciennes méthodes (voir aux plus anciennes) qui ont au moins le mérite d'avoir fait leurs preuves. Ce deuxième constat, partagé par une large majorité, dément l'ensemble de la politique Sarkozy en matière d'éducation, puisque sur ce sujet comme sur d'autres, il semble que le gouvernement fasse exactement l'inverse de ce qu'il faudrait, en privilégiant par exemple l'enseignement supérieur par rapport aux petites classes, au collège et au lycée où tout se joue... Les journalistes parlent-ils de cette facette du problème ? Quasiment jamais. Comme dans le cas de l'université d'été du PS, où ils se sont contentés pour la plupart de rapporter de façon on ne peut plus tendancieuse les seules infos qui les intéressaient (est-ce que Ségo a croisé Hollande, et autres conneries du même genre). De plus en plus souvent, ce que la presse rapporte n'est ni en rapport avec ce qui se dit vraiment, ni en rapport avec ce qui "se fait" quand Sarkozy fait semblant de prendre tous les problèmes à bras le corps, sans pourtant jamais sembler capable d'en résoudre un seul ou de seulement travailler dessus... Résultat, avec un président qui se sert des médias quand ça l'arrange et qui, le reste du temps, n'a même pas besoin d'intervenir auprès d'eux pour voir sa politique défendue ou jamais vraiment analysée, le pays est plus que jamais mal barré, car soit c'est le chef de l'Etat qui donne le ton et alors c'est lui seul, soit ce sont les médias qui lui fournissent matière à surfer sur du vent.
O
Bien vu malakine, je crois que les médias font la pluie et le beau temps et que ce n'est pas pour rien qu'on les appelle le troisième pouvoir, un pouvoir d'autant plus efficace qu'il est soft et diffus.<br /> Mais avant que les gens réalisent qu'ils sont baignés par cette emprise audio-visuelle-scripturale, il va se passer du temps, à moins qu'il aillent un peu plus sur le net ou dans d'autres presses écrites pour commencer un début de début d'interrogation.<br /> <br /> Je reconnais que j'ai moi même mis du temps à me rendre compte de la force de ce phénomène.
G
"J'en arrive à me poser encore plus de questions sur l'honnêteté et sur l'influence des médias,".<br /> <br /> Quand je dis qu'il y a un grand décalage entre cette presse, les médias, les experts, les commentateurs enfin tout ce microcosme parisien d'intellos qui veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes et qui se prennent à faire la pluie et le beau temps. Sachant l'orientation politique des journalistes je serais plus mesuré que Malakine avec "Manipulation de la droite". Je crois plutôt qu'ils roulent pour eux, pour ce mettre en avant, pour essayer de peser sur la vie politique et tirer les fiecelles pour être toujours sur le devant de la scène. Comme les clivages se sont exacerbés ils sont gagnants à tous les coups.
M
Pendant la campagne, j'ai écrit que la canddiature de Ségo la dingo était le fruit d'une manip de Sarko via les institut de sondage et les médias pour assurer l'émergence d'une candidate qu'il était sûr de battre. <br /> <br /> Ca recommence pour 2012 avec Delanoë. Aucune chance de reconquérir l'électorat populaire. Les socialistes seront-ils assez con pour se faire avoir deux fois ?
P
J'ai suivi l'allocution de Hollande du début à la fin et l'article reproduit sur le site de TF1 ne rend pas du tout compte d'un fait majeur, à savoir l'ambiance quand Hollande s'est exprimé : les phases de silence quasi-religieux alternaient avec ce qui a parfois été jusqu'à des tonnerres d'applaudissements (ou presque), à tel point que si l'on avait placé un applaudimètre dans la salle pendant toute la durée de l'université d'été du PS, Hollande l'aurait, je pense, emporté devant Ségo, elle-même devançant assez nettement Delanoë (en tout cas c'est ce que j'ai pu voir et entendre à la TV), soit au final un classement exactement inverse de celui qui est repris ce soir par l'ensemble des médias (!), qui donnent Hollande pour mort, qui donnaient Ségo gagnante "jusqu'à ce que Delanoë s'exprime" (re-!), et qui parlent maintenant de Delanoë comme du grand "vainqueur" de cette université d'été !!!<br /> <br /> Je dois avouer que j'ai du mal à comprendre, on dirait qu'on n'a pas vu les mêmes images depuis vendredi ni entendu les mêmes discours et applaudissements (il y a même eu des salves pour Hollande ce midi...).<br /> <br /> J'en arrive à me poser encore plus de questions sur l'honnêteté et sur l'influence des médias, comme si après avoir d'abord misé sur Ségo, les journalistes avaient choisi ensuite de miser sur Delanoë (peut-être par simple goût pour la nouveauté ?), écartant volontairement la performance d'Hollande dans son discours de clôture qui est, et pour ce qui me concerne je le confirme, le meilleur discours de Hollande que j'aie jamais entendu (et depuis le temps, tout le monde a eu l'occasion de s'apercevoir que je ne peux pas saquer François Hollande, alors si j'en dis du bien...).<br /> <br /> Sinon Gilbert, admettons qu'on vire les Hollande, Ségo, Delanoë et toute la clique des cinquantenaires... Après on fait quoi ? Où est-ce qu'on trouve un début d'embryon de chef ou de leader au PS ?
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