Parti socialiste : c'est fini
Peu de nouvelles dans l'actualité du jour. En prévision de la fusion GDF-Suez qui devrait être annoncée dès ce lundi (le groupe Suez ayant annoncé assez rapidement qu'il allait se plier en partie aux exigences formulées par Nicolas Sarkozy, en abandonnant une partie de son pôle environnement pour se recentrer sur l'énergie), le président de la République a reçu des représentants de la CGT dans la résidence de la Lanterne, habituellement réservée au premier ministre sous les présidences précédentes. L'entretien semble s'être assez mal passé. On a pu voir, notamment, un représentant CGT de Gaz de France qui n'a laissé planer aucun doute à ce sujet lors d'une courte apparition sur iTélé, ce dernier précisant qu'aucun terrain d'entente n'avait pu être trouvé avec le chef de l'Etat, les syndicats, CGT en tête, refusant d'emblée ce qu'ils voient comme une vulgaire privatisation.
Autre sujet presque phare de l'actualité politique dans une journée particulièrement tranquille, l'université d'été des socialistes à La Rochelle s'est poursuivie dans des conditions on ne peut plus habituelles, puisque chacun s'est exprimé à tour de rôle et a ensuite fait mine ou fait en sorte de "rater" les interventions des autres orateurs...
La palme de celui qui maîtrise mieux l'exercice revient sans conteste à Michel Rocard : quand les autres s'exprimaient, Michel somnolait. On a même pu le voir changer la pile de son appareil auditif au moment précis où Ségo la dingo expliquait de quelle manière, forcément, les militants allaient la propulser à la tête du parti...
Absolument rien de neuf, donc, au Parti socialiste : Ségolène Royal a toujours l'intention de faire jouer à plein le réseau Désirs d'avenir qui vérole l'ensemble du parti pour en devenir la Première secrétaire. Bertrand Delanoë, bien que faisant presque l'unanimité, n'arrive pas encore à susciter le même engouement que Ségo... Quant à François Hollande, flairant l'ouverture d'une brêche qui peut toujours s'agrandir, il envisage à présent de se porter candidat en 2012 si toutefois on choisissait de faire appel à lui...
Le Parti socialiste français n'existe plus. Le comique qui se promène dans la lande en costume, dans l'image d'illustration, n'est pas pour rien dans l'effondrement auquel on assiste aujourd'hui : on retrouvait chez Miteux le même culte du chef, du leader charismatique que chez Nicolas Sarkozy. Simplement, la mégalomanie de François Mitterrand était moins ostentatoire que celle de l'actuel président de la République. Ceux qui redoutaient Mitterrand faisaient mine de le considérer (Jacques Chirac a fait partie de ceux-là, même s'il s'en défendait à l'époque) et se serraient les coudes quand ils étaient socialistes. Dès l'annonce tant espérée par certains de la mort du vieux par contre, le parti a commencé à éclater. Les guerres de succession et d'influence se sont succédées jusqu'à ce que plus personne ne soit vraiment en mesure d'incarner "la" gauche, ou seulement la moitié de ses valeurs traditionnelles.
La descente aux enfers continue, mais cette fois-ci je pense que le parti ne s'en relèvera pas. Ca tombe bien, car on ne peut plus rien attendre de ce qui fût autrefois le Parti socialiste français, et puis personnellement, je n'ai jamais été un fan des agonies qui s'éternisent.
Royal et Hollande sont dans le même bâteau
(où l'on comprend comment l'incapacité du PS à choisir un leader après la mort de Mitterrand a tué le parti)
http://www.estrepublicain.fr/une/france/art_530035.php
Université d'été: le PS a commencé son aggiornamento, malgré les résistances
(où l'on n'a pas besoin d'avoir fait Polytechnique pour comprendre que le parti est mort)
http://www.larep.com/afp_une-070901180723.hhm2xerd.html