Sarkozy invente la droite socialiste !
A la place de Nicolas Sarkozy, ces temps-ci, un président de la République sensé serait tenté de faire profil bas, voire de ne plus sortir du studio de mixage de l'Elysée, où il pourrait passer ses journées à faire semblant d'écouter Carla tousser dans un micro entre deux SMS... Pas Nicolas Sarkzoy, qui n'a pas pu s'empêcher de faire le mariol une fois de plus en recevant "personnellement lui-même", hier, des chauffeurs de taxi et des cafetiers-débitants de tabac, revenant déjà sur une déclaration qu'il avait faite la veille dans laquelle il avait assuré que l'on ne toucherait pas aux tacots (!). Nicolas a changé d'avis, c'est pas la première fois, dirait Georges Marchais...
N'empêche, dans les rangs de la majorité et du gouvernement, on commence à en avoir plus que ras la tuque des conneries de sa Suffisance, dont le rythme est devenu si élevé que plus personne n'arrive à suivre ! On a du mal, surtout, à accepter sans broncher la dégringolade de toute la droite, que le président bling-bling tire chaque jour un peu plus vers le fond : à l'approche des municipales, beaucoup pensent, savent que ça va faire du vilain, beaucoup de vilain... tout comme ils savent qu'il n'est jamais trop tard pour sauver deux ou trois villes dignes d'intérêt (comprendre par là des municipalités dont le budget est proprement scandaleux).
Comment faire comprendre à the American qu'il devrait se mettre aux charentaises ? On n'a pas vraiment trouvé de solution, ce qui explique peut-être que timidement, ça et là, on commence à trouver toutes les qualités à François Fillon, qui resté à l'ombre de ses sourcils n'a pas changé d'un iota depuis le mois de mai. Un atout à l'heure où Sarkozy ne cesse plus de déconner. C'est un fait, à l'UMP comme au gouvernement, la "molle attitude", les chemises immondes des années 80, et même le pseudo paternalisme didactique de papa François sont en train de devenir des standards de bonne conduite, que l'on aimerait voir plus souvent. Le monde à l'envers, avec Sarkozy au fond du trou et tout le reste de la droite en pleine lumière. On a d'ailleurs fait comprendre au petit Nicolas ce qu'il risquait en se levant tous, cette semaine, pour accueillir papa Fillon à l'Assemblée, signe incontestable d'une mauvaise passe pour... tout le monde (et pas seulement pour Nicolas Sarkozy), qui pour un peu commencerait presque à fleurer le changement d'époque, puisque certains ont commencé à faire des tirs de cadrage autour de Sarkozy !
Premiers à morfler, les conseillers de sa Suffisance, dont jusqu'à présent on encaissait les leçons, toujours fortement teintées de mépris, avec une rage qui pour être contenue n'en était pas moins réelle. A présent c'est terminé : concernant Guaino en particulier, "on" a fait savoir à môssieu le président que le lèche-cul de môssieu le président serait beaucoup plus supportable aux yeux de tous s'il voulait bien la fermer et cesser d'intervenir dans les médias (!). Concernant le puissant Guéant par contre, on prend encore des gants avec celui que Cécilia appelait le "cardinal", nul ne doutant que Riton ait encore le bras suffisamment long pour faire rouler les têtes qui ne lui reviendraient au fond d'un panier, mais gare... Au premier signe de faiblesse, on flinguera le cardinal, avant sans doute de jeter sa dépouille dans le même trou que celle du porte-plume.
S'il n'y avait pas eu le suicide de Goasguen hier, qui une fois de plus n'a pas pu s'empêcher de trop l'ouvrir en fustigeant une fausse politique d'ouverture conduite par Sarkozy à laquelle il reproche surtout de l'avoir laissé sur le carreau (sacré Claude), on jurerait que les choses sont en train de salement dégénérer à l'UMP, tout le monde attendant une possible remontée du petit Nicolas dans les sondages que personne ne voit venir (= à tout prendre, tout pourrait être pire, le suicide de Goasguen ne pouvant être considéré que comme un signe extrêmement positif par tout le monde à l'UMP). Dans un tel cas de figure évidemment, tout le monde se remettrait bien vite à manger dans la main du chef de son Etat, mais pour l'heure on n'en est vraiment pas là : il faut sauver les soldats Ryan de l'UMP, dont les frères ont déjà été butés pendant la guerre des municipales, et Sarkozy n'ayant vraiment rien d'un Tom Hanks, vus les délais beaucoup trop courts on ne peut plus guère faire autre chose que "s'énerver", en priant pour que Sarkozy passe le plus de temps possible avec Carla, mais "chez lui" pour une fois...
Je vous le dis, tout cela finira mal. Seules de vieilles badernes spécialistes du grand écart facial comme Karoutchi ou Santini arriveront à ne pas se faire éclabousser. Pour les autres, ça va barder. Seules les "unions" feront les forces (et ici, on doit rappeler aux distraits qu'on vient de parler de l'UMP, pas du parti socialiste).
Les ministres supportent de moins en moins les conseillers de l'Elysée
http://www.20minutes.fr/article/211369/France-Les-ministres-supportent-de-moins-en-moins-les-conseillers-de-l-Elysee.php