Rabaissement de l'autre au rang de simple objet, rapports imposés, viols, pédophilie... Comment a-t-on pu en arriver là ?
Reproduction d'un commentaire que j'ai laissé sur le blog des B & B à-propos de "l'affaire Evrard" (légèrement modifié pour le Poliblog).
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[...] Alphonse Boudard avait prédit dans son livre "La Fermeture" une possible explosion des crimes de nature sexuelle suite à la fermeture des maisons closes, décidée par des politiques conduits par Marthe Richard en 1946.
Dans son livre, Boudard exprime son opinion (et on est fortement tenté d'adhérer à son point de vue, car il est très bien expliqué et les exemples -euh... "crus"- parlent d'eux-mêmes) qui est que les "maisons" étaient une soupape de sûreté. En effet, elles permettaient à des pervers sexuels de se livrer à des jeux ou de satisfaire des pulsions plus ou moins inavouables en toute légalité, avec même une certaine forme d'encadrement de la part de professionnelles du sexe et des déviances (plutôt variées dans ce domaine !) qui savaient canaliser les tendances et les pulsions les plus malsaines de gens qui, autrement, auraient pu devenir extrêmement dangereux pour certains.
Aujourd'hui plus que jamais, la réalité donne raison à Boudard et à tous ceux qui ont vu la fermeture des maisons closes comme une catastrophe potentielle, qui ont d'ailleurs tiré la sonnette d'alarme à l'époque : ouvriers, petits bourgeois, mais aussi déviants avérés (dont des hommes politiques connus) et malades sexuels authentiques se sont retrouvés livrés à eux-mêmes, "sans offre", ne pouvant recourir dans un premier temps qu'à une prostitution de rue qui était beaucoup moins encadrée et allant rapidement, pour quelques-uns, "chasser" sur des terres qui leur étaient inconnues jusqu'alors, expéditions qui les ont parfois conduits derrière les barreaux ou... jusqu'à l'échafaud (Ranucci, Carrein, Djandoubi, Patrick Henry pour finir, qui n'a échappé à la peine de mort que "grâce" à l'intervention -inspirée ?- de Robert Badinter : Henry est à nouveau en prison...).
"Encadrer" les pédophiles en leur permettant de se réaliser sexuellement d'une manière presque normale, en tout cas beaucoup plus acceptable, pour éviter que n'apparaissent de façon quasi fatidique des déviances beaucoup moins contrôlables (mais souvent prévisibles), ça donne à réfléchir, non ?
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Je sais ce que vous allez penser (et peut-être me dire) : un pédophile n'est pas un vulgaire consommateur, auquel il conviendrait simplement de donner de la marchandise, sous une forme encadrée, pour être définitivement tranquille !
En êtes-vous si sûr ?
Réfléchissez "bien"... Quoiqu'il en soit, il est devenu impossible aujourd'hui de réouvrir les maisons closes (beurk, vous vous rendez compte ? Quel avilissement !) dans lesquelles, soit dit entre nous, les femmes n'étaient pas souvent "contraintes" de travailler quand on les a fermées... Parce qu'on a un jour décidé de le faire, malgré tout le bien que beaucoup en pensaient (et pas seulement les clients), on se saura jamais ce qu'auraient pu devenir les Ranucci, Carrein, Henry ou Evrard si on les avait laissées simplement ouvertes. Et çà aussi, ça donne à réfléchir.
P.-S. : pourquoi ne pas envisager la mise en place d'un Numéro Vert pour les pédophiles qui seraient sur le point de "flancher" (voire des points d'accueil spécifiques), s'il n'existe pas déjà ? Tant de choses pourraient être faites si on voulait vraiment résoudre le problème...
