r_flexionBonjour Marine, bonjour à tous amies lectrices et amis lecteurs,

Marine,

On m'a déja fait beaucoup de compliments pas toujours mérités ici, mais là, je dois reconnaître que vous avez établi un nouveau record !

Merci, en particulier, pour l'appréciation sur ma façon d'écrire et de traiter les sujets, ça me fait plaisir et c'est très gentil, même si pour moi, l'essentiel est que mes lecteurs puissent se divertir en trouvant dans le Poliblog un autre regard sur une actu politique avec laquelle on (les médias) arrive à assommer quotidiennement jusqu'à ceux qui s'y intéressent (ce qui est encore plus valable depuis l'élection de ce bon à rien de Nicolas Sarkozy, mais ça, tout le monde l'aura remarqué).

Au sujet de l'espoir et de la volonté de se battre maintenant, je pense que le fossé qui sépare actuellement une majorité de politiques et une majorité de citoyens, et sur lequel beaucoup perdent leur temps à s'interroger, se creuse essentiellement du fait que les "vrais" citoyens ont par essence les deux (l'espoir et la volonté : ils font, en quelque sorte, partie de leur patrimoine génétique, sinon ils seraient comme des fourmis sans reine -j'écourte-), alors que les politiques contemporains n'ont aucun des deux, puisque l'insatisfaction permanente du peuple et le fait de ne jamais répondre à ses attentes sont précisément leur fond de commerce...

Cela n'empêche pas que n'avons pas le droit de décapiter ces écumeurs de tables, et que pour que notre vie de "citoyens" garde un sens et mieux, reste toujours tolérable, nous n'avons pas d'autre choix que de continuer à croire aveuglément en des notions comme l'espoir ou la volonté, ou encore le courage (voire la bravoure) que nous transférons sur des politiques qui n'en ont aucun, idem pour l'empathie, qui est une composante essentielle de la compréhension des autres et de la bienveillance "par défaut" que nous devrions leur témoigner mais qu'ils ne nous témoignent jamais, etc.

En quelques mots, nous vivons en société mais les politiques, non.

"L'espoir fait vivre", maxime qui illustre assez bien ce dont je veux parler plus haut, n'est par exemple pas qu'une phrase que l'on peut prononcer dans les dîners en faisant un clin d'oeil discret pour faire marrer les copains ; c'est, en réalité (du moins à mon sens), la première clé de compréhension de la façon spécifique, parfois indéchiffrable ou on ne peut plus tordue vue de l'extérieur dont fonctionne le monde politique : si nos besoins, nos attentes, nos désirs étaient satisfaits, aurions-nous toujours besoin de "croire" en des gens (au point de les idolâtrer) qui feraient simplement leur travail comme tout un chacun ? Bien sûr que non. Car si nous pouvions dormir sur nos deux oreilles, passer des nuits paisibles, grâce entre autres à une certitude inébranlable que l'on s'occupe de nous et que le (bon) boulot sera toujours fait pendant que nous dormons, alors nous n'aurions nul besoin d'associer ce "travail" (la politique, considérée ici comme le métier qui consiste à répondre aux besoins des peuples) à quelqu'un ou à quelques-uns en particulier, cette association ne présentant plus le moindre intérêt puisque quoiqu'il arrive, nous n'aurions rien à faire de savoir qui fait quoi.

Conclusion, pour que les politiques vivent, ou plutôt, pour que les parasites puissent survivre, engraisser et se multiplier sur notre dos, nous devons rester éternellement insatisfaits, angoissés, inquiets ou tout ce que vous voulez, mais dans tous les cas de figure rester toujours sur nos faims de ceci ou/et de cela...

Tout le secret de la politique telle que la conçoivent des cafards comme les Sarkozy, Aubry, Cohn-Bendit, Le Pen ou beaucoup d'autres (jusqu'au facteur qui pédale autant que ma grand-mère -les deux sont décédées dans les années 80-) tient dans cette courte explication : tant que nous sommes insatisfaits, nous sommes obligés de croire, car les choses ne sauraient fonctionner autrement. D'où la nécessité impérieuse, pour la "vraie" racaille politique et humaine citée ci-dessus (on choisit quelques noms bien connus à titre d'exemples), de ne jamais tenir compte des besoins élémentaires du peuple (donc des réalités) et de profiter plus qu'abondamment de l'espérance (promise, donc, à rester vaine) qui découle d'insatisfactions qui deviennent à la longue chroniques, qui ne cessent de s'intensifier et dont le nombre et la variété ne cessent jamais de grandir.

J'aurais sans doute pu formuler tout ça beaucoup mieux en y passant plus de temps...

Là où le cercle devient dangereux pour tous les acteurs du psychodrame qui nous intéresse, c'est quand les insatisfactions réelles (et légitimes) du peuple dépassent ses insatisfactions imaginaires : incapables de résoudre des problèmes pourtant bien tangibles qui pourrissent la vie quotidienne des citoyens, tout simplement parce qu'inconsciemment, ils "doivent" les ignorer pour continuer d'exister, mais aussi parce que faute de clairvoyance, d'intelligence, de courage et de volonté (etc.), les politiques n'ont jamais su / eu à le faire (je parle ici d'une majorité de politiques d'aujourd'hui, heureusement pas de tous), nos cancrelats n'ont pas d'autre choix que de s'enfoncer perpétuellement en commençant :

- à se mettre maladroitement au boulot alors qu'il est trop tard la plupart du temps (exemple d'aujourd'hui : c'est à présent toute la société qui est noyée sous des centaines de problèmes qui, chaque jour, s'ajoutent à d'autres qui n'ont jamais été résolus, pour la simple et bonne raison que personne n'a jamais cherché à les résoudre),

- et surtout à multiplier les promesses intenables (voir notamment les docs de campagne des candidats restants en lice au second tour en Ile-de-France, c'est assez sidérant de prendre les gens pour des crétins à ce point-là !),

ceci dans le but on ne peut plus compréhensible de repousser indéfiniment dans le temps l'aveu de leur totale incompétence pour résoudre un problème quel qu'il soit (non seulement ils ne savent pas le faire, mais inconsciemment ils ne peuvent pas le faire, la résolution des problèmes qui se posent étant considérée par eux comme une forme de suicide collectif dont aucun ne veut bien sûr entendre parler).

A part ça, moi, me lancer ? En déboulant dans le bureau de NDA pour lui secouer les puces par exemple ?

Le problème, la chose qui me dissuade toujours, c'est que chez NDA comme chez quelques autres politiques de métier pour lesquels je pourrais fort bien travailler, voire même faire oeuvre utile, je ne sens pas de réelle volonté de dépasser le personnage (ô combien confortable) du candidat permanent... Pour dire les choses exactement comme je les perçois, NDA (ou Bayrou par exemple, sauf que lui c'est un abruti) me semble on ne peux mieux vivre dans son enveloppe de franc-tireur tellement minoritaire qu'il en deviendrait presque anecdotique (!), avec sa petite routine faite de passages TV / radio ou presse qu'on ne lui propose pas, ses meetings "pépères" dans lesquels les gens ne se marchent jamais dessus, ou/et son blog où il soliloque avec une vigueur empreinte de mollesse qui ne saurait attirer des gens qui veulent vraiment "une autre politique".

A titre de comparaison avec NDA justement, Nicolas Sarkozy, puisqu'on y revient très souvent parce que tout le monde le connaît (surtout ceux qui ne voudraient pas), mais aussi parce qu'il est un parfait exemple d'une certaine façon de concevoir la politique, a compris / décidé relativement tôt qu'une carrière "dans le métier" devait se mener comme une guerre, avec dans son cas personnel des maisons à infiltrer, des alliés avec qui pactiser, des ennemis à tuer, des paliers -objectifs- à atteindre, des carnets d'adresses et de notes à tenir à jour en fonction de la direction où le vent semble tourner, etc.

Pour le reste, non pas l'action politique mais ce que j'appellerais plutôt une action toujours simulée et qui n'est en fait que très rarement politique, quand on suit d'un peu près ce que fait un gugusse comme Sarkozy, l'animal s'est rapidement aperçu qu'on pouvait fourguer n'importe quoi à n'importe qui pourvu que ceux qui vous écoutent soient persuadés que vous êtes non pas ce que vous êtes, mais ce qu'ils voudraient que vous soyez !

Dans le cas de Nico les biscotos, ça donne un type qui est un menteur et un manipulateur patenté aux trois quarts fou, mais qui sachant très bien ce qu'il est travaille pour réussir, au fil du temps, à dissimuler sa sociopathie sous une agressivité -rarement contenue- et une volubilité qui, par chance pour lui, deviendront ensuite une simple "marque de fabrique" pour ceux qui le fréquenteront, et qui refuseront jusqu'à ce qu'il soit trop tard de le voir comme il a toujours été, à savoir comme un malade mental comme il en existe des dizaines ou centaines de milliers d'autres...

C'est difficile à expliquer mais beaucoup moins compliqué que ça en a l'air en somme. Chez NDA, quoiqu'il en soit, je ne sens "pas" cette volonté de se sortir un minimum les doigts du cul pour faire gober n'importe quoi (du vrai en l'occurrence) à n'importe qui (une majorité d'électeurs) que par instants on a vraiment senti bouillir chez des escrocs notoires qui ont réussi comme Chirac, Sarkozy, ou à des niveaux moindres, des raclures de fonds de ch... comme Kouchner, Besson et compagnie, la différence notable entre ces personnages et un type comme NDA étant qu'il y a moins de moralité chez ces gens-là qu'il n'y en a dans un furoncle...

Bref, j'interromps ici ma réflexion pour le moment mais je pourrai / voudrai sans doute y revenir plus tard si j'ai suffisamment de temps, en attendant il s'est passé des choses dans l'actu dont nous devons tout de même parler un peu.

Une dernière fois, merci pour les appréciations.

;)